Le président de l'Assemblée nationale Ousmane Sonko s'est rendu discrètement à Touba le 29 octobre 2026 pour un entretien à huis clos d'une heure avec le khalife général des mourides Serigne Mountakha Mbacké, alors que des tensions institutionnelles entourent la loi de finances rectificative.
La cité religieuse de Touba a abrité une visite nocturne de premier plan ce jeudi 29 octobre 2026. Le président de l’Assemblée nationale et leader de Pastef, Ousmane Sonko, s’est déplacé dans la ville sainte pour s’entretenir en privé avec le khalife général des mourides, Serigne Mountakha Mbacké, selon les informations recoupées par plusieurs organes de presse.
Une audience nocturne à huis clos à Darou Miname
L’entretien s’est déroulé dans la plus grande discrétion au cœur de Darou Miname. L’entrevue s’est prolongée pendant plus d’une heure entre le chef du Parlement et le patriarche de Touba. Pour ce déplacement, Ousmane Sonko était accompagné de Serigne Cheikh Thioro Mbacké ainsi que d’un homme d’affaires identifié par les initiales N. S., d’après les précisions rapportées par Seneweb.

Le dirigeant politique a quitté les lieux immédiatement après la fin de l’audience. Aucune communication officielle n’a filtré sur le contenu exact des discussions, confirmant la nature réservée de cette séquence diplomatique et religieuse au sommet.
Il s’agit de la deuxième audience accordée par le guide religieux au président de l’Assemblée nationale en l’espace de trois mois. Lors d’un précédent déplacement effectué le 30 juillet à la tête d’une délégation parlementaire, le responsable politique avait déjà tenu à assurer le chef de la communauté mouride de sa ferme volonté d’œuvrer en faveur de la paix et de la stabilité générale du pays.
Tensions autour de la loi de finances rectificative et appels au dialogue
Ce déplacement intervient au milieu d’un bras de fer persistant entre l’exécutif et la majorité parlementaire concernant le projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026. Plusieurs sources concordantes indiquent que la situation politique du pays et le différend institutionnel entre les pouvoirs législatif et exécutif figuraient au cœur des échanges menés dans la cité religieuse.
En parallèle de cette visite, les communicateurs traditionnels se sont entretenus avec le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lo. S’exprimant au nom du chef du gouvernement, le patriarche El Hadj Mansour Mbaye a transmis un appel public à l’apaisement et au dialogue, assurant que le Premier ministre reste entièrement ouvert à la discussion avec les parlementaires.

Les communicateurs ont ainsi invité les deux camps à privilégier la concertation plutôt que la confrontation, tout en exhortant les députés à placer l’intérêt supérieur de la nation avant toute autre considération. Pour El Hadj Mansour Mbaye, le vote d’une loi ne devrait en aucun cas être source de querelles. « Si nous dialoguons, nous trouverons un terrain d’entente », a-t-il déclaré, en insistant sur la culture du dialogue et du consensus qui fait la force du Sénégal. Saluant l’attachement à la concertation d’Al Aminou Lo, qu’il a qualifié de « banquier émérite », il a estimé que les divergences autour de la LFR doivent impérativement se régler « par la parole et non par l’affrontement ». Ces différentes démarches se déroulent à la veille de la réunion de la commission des Finances, convoquée pour ce vendredi 30 octobre en vue d’un nouvel examen du texte.