Le Parti québécois officialise son engagement à rayer le changement d’heure au Québec. Une consultation publique menée par la CAQ en 2024 montrait qu’une forte majorité de citoyens souhaite en finir avec cette pratique, bien que le choix du format horaire exact reste à trancher par le gouvernement.
Le dossier du changement d’heure franchit un nouveau pas politique. Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, a confirmé ses intentions de mettre un terme définitif à cette tradition saisonnière. Cette démarche s’appuie sur les conclusions d’une consultation publique réalisée en 2024 par le gouvernement de la CAQ, où 91 % des quelque 214 000 répondants s’étaient prononcés en faveur de l’abolition du changement d’heure, tandis que 72 % des citoyens préféraient conserver l’heure avancée d’été toute l’année.
Le projet de loi de la ministre Marie-Claude Sarrazin
Un projet de loi sera déposé prochainement par la ministre de la Justice, Marie-Claude Sarrazin, afin de modifier la Loi sur le temps légal. La ministre porte le dossier et a réaffirmé l’intention gouvernementale de procéder avec méthode. Les autorités veulent faire les choses correctement en consultant divers spécialistes avant de trancher.
Pour cette année, la transition ne sera pas modifiée. Pour cette année, les Québécois devront reculer leurs montres dans la nuit entre l’Halloween et le 1er novembre pour opérer le retour à l’heure normale de l’Est.

Le dilemme entre l’heure d’hiver et l’heure d’été
Le cœur du débat technique réside désormais dans le choix du fuseau horaire permanent. D’un côté, la population a manifesté une préférence marquée pour l’heure avancée d’été, un choix associé à des couchers de soleil plus tardifs en soirée. De l’autre, les chercheurs et spécialistes tendent à recommander l’heure normale de l’hiver à l’année longue.
Selon les observations scientifiques rapportées par le cycle circadien du corps humain, un lever de soleil plus matinal favorise l’équilibre biologique et la santé mentale, ce qui pèse lourd dans l’évaluation des experts auditionnés.
Les consultations parlementaires et l’impératif ontarien
Le premier ministre promet d’entendre l’ensemble des spécialistes en commission parlementaire au cours des prochains mois pour valider ce consensus jugé contre-productif. Ces auditions publiques devraient s’étendre sur un maximum de deux journées pour orienter la décision finale du gouvernement.
Du côté de l’opposition, le chef conservateur Éric Duhaime s’est réjoui de la fin annoncée du changement d’heure, tout en soulignant un risque économique majeur. L’économie du Québec et de l’Ontario sont interreliées, a-t-il rappelé en évoquant son expérience passée dans l’Ouest canadien, insistant sur la nécessité de coordonner l’initiative avec le partenaire ontarien pour éviter des frictions frontalières et commerciales.
Plusieurs provinces canadiennes, incluant le Manitoba, la Saskatchewan, l’Alberta et la Colombie-Britannique, ont déjà franchi le pas pour maintenir une heure fixe à l’année.