Publié le 23 novembre 2023 10:47. L’ancien président brésilien Jair Bolsonaro a été placé en détention préventive après avoir endommagé son bracelet électronique de surveillance, compromettant ainsi son assignation à résidence. Cet incident intervient dans le cadre d’une enquête sur une possible tentative de coup d’État et suscite des réactions internationales.
- Jair Bolsonaro a reconnu avoir utilisé un fer à souder sur son bracelet de cheville électronique.
- Son arrestation est justifiée par les autorités par un « risque de fuite » et une menace à l’ordre public.
- L’affaire provoque des tensions diplomatiques, notamment avec les États-Unis qui dénoncent une instrumentalisation de la justice.
L’ancien président brésilien, assigné à résidence depuis le mois d’août pour violation de décisions judiciaires, a été interpellé samedi matin. Selon les informations révélées par la Cour suprême et illustrées par une vidéo, Bolsonaro a admis avoir volontairement endommagé son bracelet électronique.
« J’ai tenu un fer chaud dessus. Par curiosité »,
Jair Bolsonaro, ancien président brésilien
Il a précisé qu’il s’agissait d’un fer à souder et non d’un fer à repasser.
L’incident a déclenché une alarme de manipulation du dispositif peu après minuit. La police fédérale a alors estimé que l’assignation à résidence ne pouvait plus être garantie, d’autant plus qu’une veillée de soutien organisée par le fils de Bolsonaro, le sénateur Flávio Bolsonaro, risquait de créer un chaos propice à une évasion. Les enquêteurs craignaient que l’ancien président ne se réfugie dans une ambassade, notamment celle des États-Unis, pour échapper à la justice.
Cette arrestation ne concerne pas encore l’exécution de la peine de plus de 27 ans de prison prononcée en septembre pour tentative de coup d’État. Le jugement n’est pas définitif et son application était prévue la semaine prochaine. L’enquête porte sur les agissements de Bolsonaro et de ses alliés visant à renverser le gouvernement de son successeur, Luiz Inácio Lula da Silva.
L’affaire a suscité une vive réaction de Washington. Le vice-secrétaire d’État américain Christopher Landau a qualifié le juge fédéral Alexandre de Moraes de « violeur des droits de l’homme » et dénoncé une action « provocatrice » de la Cour suprême.
« Les États-Unis sont profondément préoccupés par leur dernière attaque contre l’État de droit et la stabilité politique au Brésil »
Christopher Landau, vice-secrétaire d’État américain, sur Platform X
Le gouvernement américain accuse la justice brésilienne de mener une campagne politiquement motivée contre Bolsonaro.
L’avocat de l’ancien président, Paulo Cunha Bueno, a défendu la constitutionnalité de la « veillée de prière » organisée par le fils de Bolsonaro et a dénoncé une « représentation déformée » de la situation par le pouvoir judiciaire, visant à « justifier l’injustifiable ». Il n’a pas fourni d’explication concernant les dommages causés au bracelet électronique.
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