Des scores faibles aux tests cognitifs chez les adultes de 60 à 69 ans sont associés à un risque de premier AVC accru de près de 86 %, selon une étude publiée le 30 septembre 2026 dans le Journal of the American Heart Association. Les chercheurs suggèrent que ces évaluations pourraient servir d’indicateur de dépistage précoce.
La mémoire et la vitesse de traitement de l’information ne mesurent pas seulement le vieillissement normal du cerveau. Ces performances cognitives dépendent étroitement d’une circulation sanguine saine. Une recherche longitudinale menée en Suède a suivi près de 5 000 adultes âgés de 60 ans et plus sans antécédents d’accident vasculaire cérébral ou de démence, afin d’observer le lien entre leurs capacités de réflexion initiales et la survenue d’un premier AVC sur une période moyenne de 12,3 ans.
L’association entre résultats cognitifs et risque d’AVC chez les sexagénaires
L’analyse détaillée des données, extraites du projet Good Aging in Skåne, met en évidence une corrélation marquée pour la tranche d’âge des 60 à 69 ans. Comme le détaille The Independent, les participants les moins performants sur le plan de la pensée globale présentaient un risque d’attaque cérébrale majoré de 86 pour cent par rapport à ceux qui avaient les meilleurs scores de leur classe d’âge.

Les déclinaisons par type de test affinent ce constat chiffré. En revanche, les épreuves évaluant la fluidité verbale et la flexibilité mentale n’ont pas montré de lien statistiquement net avec l’incidence future des accidents vasculaires.
Les lésions cérébrales silencieuses comme piste explicative
Un mystère subsistait dans la chronologie de ces observations : le même profil de risque n’a pas été retrouvé de manière significative chez les participants de 70 ans ou plus. La responsable principale des travaux, Dr Alice Askemyr, chercheuse en gériatrie à l’Université de Lund et à l’Hôpital universitaire de Skåne à Malmö, avance une hypothèse liée à la physiologie vasculaire, relayée par Heart.
« Les lésions cérébrales dites « silencieuses » peuvent nuire à la fois au fonctionnement cognitif et au risque futur d’accident vasculaire cérébral, a indiqué Alice Askemyr. Elles touchent environ 70 pour cent des adultes de plus de 70 ans, de sorte que leurs effets peuvent être plus faciles à détecter chez les personnes dans la soixantaine, période où ces lésions et d’autres facteurs pouvant influer sur la cognition — notamment les conditions médicales et les médicaments — sont moins fréquents », selon Heart.

Ces micro-lésions vasculaires, qui n’engendrent aucun symptôme visible au quotidien, altèrent les performances intellectuelles et peuvent constituer le prélude à un infarctus cérébral caractérisé. Chez les individus plus âgés, la superposition d’autres pathologies et traitements médicamenteux complique l’isolement d’un tel signal d’alerte, rendant la tranche des sexagénaires particulièrement pertinente pour un dépistage ciblé.
Perspectives cliniques et impératif de prévention au milieu de la vie
Bien que l’étude menée par l’équipe suédoise ait un caractère purement observationnel — ce qui signifie qu’elle démontre une association statistique sans établir de lien de cause à effet direct —, les cliniciens y voient un outil potentiel pour repérer en amont les sujets vulnérables.
Dans cette optique, la prise en charge précoce des paramètres cardiovasculaires s’avère déterminante pour préserver le capital cérébral.
« Cette étude, en conjonction avec d’autres, souligne combien il est important d’être agressif dans la gestion des facteurs de risque vasculaires et de se concentrer sur la santé cérébrale au milieu de la vie, avant que beaucoup ne commencent typiquement à y penser, a déclaré le Dr Elisabeth Breese Marsh. Cependant, comme nous ne savons pas avec certitude s’il y a quelque chose dans la déficience cognitive elle-même qui augmente davantage le risque d’AVC, l’étude fournit également un nouveau facteur de dépistage potentiel pour identifier ceux qui présentent un risque d’AVC plus élevé. »
Les chercheurs rappellent toutefois que ces conclusions émanent d’une cohorte scandinave et nécessitent des vérifications supplémentaires sur d’autres populations, les modes de vie et les facteurs socio-économiques pouvant varier d’un pays à l’autre.