Le Parti communiste chinois a expulsé un nombre record de trente-trois responsables lors de son cinquième plénum à Pékin, affichant une discipline de fer et un taux d’absentéisme inédit au sommet de l’État sous la houlette de Xi Jinping.
Le cinquième plénum de Pékin consacre une purge sans précédent au sommet du pouvoir
Entre le 26 et le 29 octobre 2026, le président chinois Xi Jinping a réuni le 20e Comité central du Parti communiste chinois (PCC) pour sa cinquième session plénière à Pékin. Cette réunion à huis clos, menée de lundi à jeudi et présidée par le Bureau politique du Comité central du PCC, s’inscrit dans une tradition du parti-État visant à fixer les grandes orientations politiques. À l’issue de ces quatre jours, le parti a adopté une résolution consacrée à la poursuite de la gouvernance rigoureuse et intégrale.
Les absences remarquées dans l’hémicycle ont immédiatement frappé les observateurs et illustrent la profondeur de la campagne de nettoyage menée par le pouvoir. Ce chiffre constitue la participation la plus faible enregistrée lors d’un plénum depuis l’époque de Mao Zedong. Pour justifier cette trajectoire, la presse officielle et les agences telles que Xinhua ont souligné que le parti applique sa volonté de tourner la lame vers l’intérieur.
The Fifth Plenary Session of the 20th Central Committee of the Communist Party of China (CPC) has concluded, adopting a resolution on persevering with full and rigorous Party self-governance, the guiding principles for which were highlighted as follows: serving the Party's… pic.twitter.com/t11R5vECgx
Les analystes extérieurs suivent de près ces mouvements pour évaluer la stabilité des rangs dirigeants. Neil Thomas, chercheur senior au groupe de réflexion Asia Society, a ainsi relevé sur les réseaux sociaux que l’augmentation du nombre de sièges vides souligne la priorité accordée par Xi à la discipline interne. De son côté, Victor Shih, directeur du centre sur la Chine au campus de San Diego de l’Université de Californie, observe que les arrestations d’officiels se succèdent par vagues successives. Par ailleurs, juste avant l’ouverture de ce conclave, le vice-maire de Pékin Xia Linmao a lui aussi été placé sous le coup d’une enquête pour des manquements présumés graves à la discipline et à la loi.
Les répercussions du grand nettoyage au sein de l’Armée populaire de libération
D’autres figures de premier plan, telles que l’ancien haut responsable militaire Liu Zhenli et le diplomate Liu Jianchao, figurent également parmi les personnes sanctionnées au cours de cette séquence.
La Commission militaire centrale, l’organe suprême de décision militaire de la République populaire de Chine, a subi des coupes claires dans ses effectifs. Réduite à seulement deux membres actifs — le dirigeant Xi Jinping et le responsable de la lutte anticorruption Zhang Shengmin —, cette instance centrale reflète la sévérité des mesures punitives adoptées. Zhang Shengmin, qui occupe la fonction de vice-président de la Commission militaire centrale, a par ailleurs été élu membre du Bureau politique du Comité central du PCC lors de cette même session.
Des mesures plus fermes seront prises pour améliorer le cadre des règlements et des institutions du parti, garantir l’application des institutions et éliminer les règles cachées.
La stratégie de la rigueur institutionnelle à l’horizon du congrès de 2027
Au-delà des sanctions individuelles et des radiations de membres, le conclave a formellement adopté une résolution portant sur des questions majeures liées à la discipline. Les documents publiés à l’issue des travaux insistent sur la nécessité d’adopter une démarche globale pour s’attaquer à la fois aux symptômes et aux racines profondes de la corruption, tout en combinant des punitions sévères et des mécanismes de prévention efficaces.
Le plénum a également officialisé le calendrier politique à venir en décidant que le 21e Congrès national du Parti communiste chinois se tiendra à Pékin au cours du second semestre de 2027. À cette échéance quinquennale, le président Xi Jinping est largement pressenti pour prolonger ses fonctions et s’assurer un nouveau mandat à la tête du parti et de l’État, consolidant ainsi sa trajectoire au sommet du géant asiatique.

Pour encadrer cette transition, les instances dirigeantes ont procédé au remplacement des membres du Comité central en faisant appel à des suppléants pour pourvoir les sièges vacants laissés par les cadres destitués. Le Comité central a également examiné et validé les rapports d’inspection transmis par la Commission centrale de contrôle de la discipline ainsi que par la Commission militaire centrale concernant les auteurs d’infractions graves.
Selon les analyses d’experts universitaires et d’observateurs de la vie politique chinoise, cette insistance sur la discipline vise à garantir une obéissance absolue des cadres à l’approche des prochaines échéances de renouvellement des effectifs. Alors que les purges successives continuent de remodeler la composition de l’élite dirigeante, le parti entend consolider durablement sa capacité de gouvernance et maintenir son emprise sur l’ensemble de l’appareil institutionnel et social du pays.