Les forces saoudiennes ont intercepté trois missiles balistiques le 29 octobre 2026, dont deux visaient la capitale Riyad et un troisième la région orientale du Royaume, tandis que des attaques de précision menées plus tôt dans le mois ont bénéficié de renseignements satellitaires russes selon une société d’analyse.
La coalition militaire dirigée par l’Arabie saoudite a confirmé l’interception de ces vecteurs, dans un climat marqué par une recrudescence des tirs en provenance du Yémen. Des bruits d’explosions ont résonné dans la capitale saoudienne, précédés par des messages d’alerte diffusés sur les téléphones portables des habitants. La Défense civile saoudienne a brièvement activé cinq dispositifs d’alerte dans quatre secteurs distincts, visant notamment Riyad, le gouvernorat d’Al-Kharj et la ville méridionale de Najran, avant de lever le danger quelques minutes plus tard.
Les alertes à Riyad et les interceptions de la coalition
Le porte-parole de la coalition, le général Turki al-Maliki, a détaillé sur la plateforme X les opérations de défense aérienne. Les systèmes de défense aérienne ont intercepté et détruit deux missiles balistiques lancés par la milice terroriste houthie en direction de Riyad
, a-t-il déclaré, sans fournir d’indications sur d’éventuels dégâts ou victimes au sol.
Un troisième missile, tiré vers la province orientale d’Ach-Charqiya, a également été détruit en vol le même jour. Cette séquence défensive fait suite à une série d’incidents qui s’intensifient depuis le début du mois d’octobre. Du côté yéménite, le mouvement houthi a de son côté fait état de frappes de représailles menées par l’aviation saoudienne. Selon le ministère de la Santé des Houthis, un bombardement sur des habitations dans la province de Taëz a fait au moins 12 morts et trois blessés graves. D’autres bilans fournis par les rebelles font état de dizaines de victimes supplémentaires dans le gouvernorat d’Al-Jawf.
Le rôle des satellites de reconnaissance russes dans les frappes de précision
Ces offensives aériennes s’inscrivent dans un dispositif logistique plus large mis en lumière par des analyses récentes du renseignement privé. Des satellites de reconnaissance russes ont convergé au-dessus d’infrastructures critiques saoudiennes juste avant des frappes menées en septembre. La société Aurorah Geosignal Intelligence a ainsi examiné 40 attaques de missiles et de drones dirigées contre le Royaume et l’Irak entre le 1er juillet et le 19 octobre 2026.
Les analystes ont relevé une concordance totale entre le passage de ces satellites et les impacts enregistrés sur le terrain. Nous avons constaté une correspondance à 100 % entre l’activité satellitaire et les frappes
, a affirmé Nawaf Obaid, le fondateur de la structure basée à Genève. Ces données soutiennent l’hypothèse d’un appui en renseignements au profit de l’Iran et de ses alliés régionaux, contribuant à accroître la pression sur les installations pétrolières et militaires saoudiennes.
La vulnérabilité des infrastructures pétrolières et les réactions diplomatiques
L’oléoduc Est-Ouest, long de 1 200 kilomètres et vital pour acheminer le brut vers la mer Rouge en contournant le détroit d’Ormuz, a déjà subi des dégâts lors d’une frappe de précision en septembre à al-Mesabaah. La raffinerie de Ras Tanoura, l’une des plus importantes du Moyen-Orient avec une capacité de 550 000 barils par jour, a également été ciblée par un missile balistique selon les déclarations du porte-parole militaire houthi, Yahya Saree, provoquant un incendie rapidement maîtrisé selon des sources proches du dossier.

Face à cette multiplication des fronts depuis la rupture de l’accalmie en juillet, Riyad cherche des soutiens diplomatiques et militaires. Le vice-ministre de la diplomatie publique au ministère saoudien des Affaires étrangères, Rayed Krimly, a indiqué que le Royaume discute régulièrement de ces ingérences avec la Chine et la Russie.
La situation humanitaire et le code d’honneur des tribus yéménites
Alors que les affrontements terrestres et aériens ne cèdent pas le terrain, le conflit au Yémen a déjà fait plus de 1 600 morts et 275 000 déplacés selon les chiffres de l’Organisation des Nations unies. Pour tenter de répondre à cette urgence, environ une centaine de chefs tribaux yéménites se sont réunis au siège de l’ONU à Genève pour présenter un code d’honneur.
Ce texte, élaboré depuis 2024 avec l’appui de la Suisse, des Pays-Bas et du Centre de Genève pour la gouvernance du secteur de la sécurité (DCAF), engage ses signataires à protéger les populations civiles et à garantir l’acheminement de l’aide humanitaire, indépendamment des calculs politiques qui alimentent le conflit depuis 2014.