Publié le 7 novembre 2025 16h00. Le débat sur la dette publique française s’intensifie à l’approche de l’examen du budget 2026, le gouvernement justifiant des coupes budgétaires massives par la nécessité de maîtriser les finances de l’État.
- En 2026, la France prévoit d’emprunter 310 milliards d’euros sur les marchés financiers.
- Le gouvernement, soutenu par la majorité libérale, met l’accent sur le niveau d’endettement pour justifier 30 milliards d’euros d’économies.
- Des comparaisons alarmistes avec la crise de la dette grecque ont été évoquées, bien que jugées peu réalistes par certains.
La question de la dette publique française revient sur le devant de la scène politique et économique. L’examen du budget 2026, défendu par le Premier ministre Sébastien Lecornu, a relancé les discussions et les critiques. Le gouvernement et ses alliés insistent sur la nécessité de réduire l’endettement, arguant que cela est indispensable pour assurer la stabilité financière du pays.
Pour justifier les 30 milliards d’euros d’économies prévues dans le projet de budget, le gouvernement met en avant le poids de la dette. Cette stratégie rhétorique est relayée par de nombreux éditorialistes. François Bayrou, ancien Premier ministre, avait amorcé cette tendance cet été en établissant un parallèle avec la Grèce, pays frappé par une grave crise de la dette à partir de 2010. Une comparaison jugée anxiogène et peu réaliste par de nombreux observateurs.
Comment fonctionne la dette ?
En 2026, l’État français prévoit d’emprunter 310 milliards d’euros sur les marchés financiers. Concrètement, l’Agence France Trésor (AFT), qui opère comme une banque de l’État au sein du ministère de l’Économie à Bercy, organise des enchères mensuelles pour vendre des Obligations Assimilables du Trésor (OAT), également appelées obligations d’État. Ces OAT représentent des titres de créance, c’est-à-dire des emprunts qui rapportent un intérêt annuel, appelé coupon. Cet intérêt est versé pendant toute la durée de vie de l’OAT, qui peut varier de 2 à 50 ans, avant que le capital emprunté ne soit remboursé en totalité.