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– Ça peut devenir compliqué

Publié le 11 janvier 2026 à 21h05. L'avenir du Venezuela est incertain après une opération américaine qui a conduit à la capture du président Nicolás Maduro, accusé de multiples délits. Si un accord pétrolier entre les États-Unis et…

– Ça peut devenir compliqué

Publié le 11 janvier 2026 à 21h05. L’avenir du Venezuela est incertain après une opération américaine qui a conduit à la capture du président Nicolás Maduro, accusé de multiples délits. Si un accord pétrolier entre les États-Unis et le Venezuela permet d’éviter un effondrement immédiat, la situation reste fragile et l’issue dépendra de la capacité à mener une transition politique stable.

  • Thor Halvorssen, de la Human Rights Foundation, anticipe une période de tensions et de potentielles complications au Venezuela.
  • L’accord pétrolier entre les États-Unis et le Venezuela, bien que stabilisateur à court terme, pourrait s’avérer « toxique » s’il sert à maintenir le statu quo.
  • Maria Corina Machado, figure de l’opposition vénézuélienne, est actuellement écartée des négociations, malgré sa forte popularité.

Le 3 janvier, les États-Unis ont mené une opération au Venezuela qui a abouti à la capture du président Nicolás Maduro et à son transfert vers les États-Unis, où il est accusé de divers crimes avec sa femme.

À la suite de cette opération, le vice-président de Maduro a été nommé président par intérim. Maria Corina Machado, lauréate d’un prix pour la paix, se retrouve pour l’instant mise à l’écart. Donald Trump a déclaré que les États-Unis pourraient contrôler le Venezuela pendant des années, sans toutefois préciser les modalités de cette éventuelle influence.

Cette situation suscite de nombreuses interrogations quant à l’avenir du pays. Thor Halvorssen, directeur général de la Fondation des droits de l’homme et fondateur du Forum pour la liberté d’Oslo, estime que la période à venir sera particulièrement délicate.

Photo de Thor Halvorssen
Thor Halvorssen

Directeur de la Fondation des droits de l’homme

« Le régime va se fragmenter. Cela a déjà commencé. C’est là que les choses peuvent devenir compliquées », a-t-il déclaré.

L’accord pétrolier conclu entre les États-Unis et le Venezuela, qui prévoit la vente par ce dernier de 30 à 50 millions de barils de pétrole aux États-Unis, est perçu comme un moyen d’éviter un effondrement économique immédiat. En contrepartie, le Venezuela pourra utiliser les revenus de ces ventes pour acquérir des produits américains.

Cependant, Halvorssen met en garde contre un risque de dérive : « Cet accord peut éviter un effondrement brutal, mais il devient toxique s’il se transforme en « pétrole contre le silence ». » Il souligne qu’un tel accord ne serait acceptable que s’il permettait une amélioration réelle des conditions de vie de la population vénézuélienne et non un enrichissement des élites au pouvoir.

Delcy Rodríguez, alors vice-présidente, à l'Assemblée générale de l'ONU en 2019. Photo : Kevin Hagen/AP/NTB
Delcy Rodríguez, alors vice-présidente, à l’Assemblée générale de l’ONU en 2019. Photo : Kevin Hagen/AP/NTB

Delcy Rodríguez, jusqu’à récemment vice-présidente et ministre du Pétrole, a été nommée présidente par intérim. Selon Halvorssen, Washington la considère pour l’instant comme une solution provisoire, le temps d’évaluer la situation.

« Washington la traite évidemment comme une solution temporaire en attendant de déterminer ce qui va se passer ensuite », a-t-il affirmé.

L’expert Jason Marczak, du Conseil de l’Atlantique, estime que les États-Unis portent désormais la principale responsabilité de l’issue de la crise vénézuélienne.

« Le défi sera d’assurer une « transition sûre et réfléchie » dans un pays où de nombreux acteurs solidement établis s’opposeront probablement à un changement réel, mais où un changement réel est fondamental à la fois pour les intérêts des États-Unis et pour le peuple vénézuélien », a-t-il déclaré.

Photo de Diosdado Cabello

Les États-Unis ont accusé Diosdado Cabello, ministre de l’Intérieur vénézuélien, de trafic de drogue et ont promis une récompense de 25 millions de dollars pour son arrestation.

À long terme, Halvorssen envisage deux scénarios possibles : soit une véritable démocratie vénézuélienne, avec des institutions reconstruites et le retour des exilés, soit un système « géré » où les anciens réseaux de pouvoir survivraient sous une nouvelle forme, sous influence étrangère.

  1. Une véritable démocratie vénézuélienne, avec des institutions reconstruites et le retour de la diaspora.
  2. Un système « géré » dans lequel les anciens réseaux survivent sous une nouvelle étiquette et sous l’influence étrangère.

« Je suis optimiste. J’espère que nous ne nous retrouverons pas comme en Birmanie ou au Nicaragua après qu’Ortega ait abandonné la dictature après une élection perdue, tout en gardant le contrôle de l’armée », a-t-il déclaré.

Maria Corina Machado, chef de l'opposition et lauréate du prix de la paix. Photo: FEDERICO PARRA / AFP / NTB
Maria Corina Machado, chef de l’opposition et lauréate du prix de la paix. Photo: FEDERICO PARRA / AFP / NTB

Malgré sa popularité, Donald Trump a pour l’instant rejeté l’idée que Machado puisse prendre les rênes du Venezuela, estimant qu’elle ne bénéficie pas du soutien nécessaire au sein du pays. Une rencontre entre Trump et Machado est prévue dans les prochains jours.

« Elle est désormais entre les mains des États-Unis et la tâche est colossale », conclut Halvorssen.

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.