Publié le 11 janvier 2026 à 21h27. Une étude norvégienne révèle qu’un tiers des aliments transformés contiennent des additifs alimentaires (émulsifiants, épaississants, stabilisants) dont les effets combinés sur la santé restent largement inconnus, suscitant l’appel à de nouvelles recherches.
- Près d’un tiers des aliments analysés en Norvège contiennent des additifs de type ETS (émulsifiants, épaississants, stabilisants).
- Les chercheurs de l’Université norvégienne des sciences de l’environnement et de la vie (NMBU) soulignent le manque de données sur les effets cocktails de ces substances.
- Des études complémentaires sont prévues pour évaluer l’impact de ces mélanges sur la santé humaine et animale.
Des chercheurs de l’Université norvégienne des sciences de l’environnement et de la vie (NMBU) se penchent sur la composition réelle des aliments que nous consommons. Leur récente analyse, portant sur 45 000 denrées alimentaires, met en lumière la présence fréquente d’additifs alimentaires, regroupés sous le terme ETS (émulsifiants, épaississants et stabilisants). Ces substances sont utilisées pour améliorer la texture, le goût et la durée de conservation des produits, mais leur impact sur notre organisme, surtout lorsqu’ils sont combinés, est encore mal compris.
L’étude révèle qu’un tiers des aliments analysés contiennent des additifs de type ETS. Plus précisément, ces additifs sont particulièrement présents dans les desserts, les glaces, les gâteaux et les pâtisseries, avec un taux d’occurrence atteignant 84 %. Les substances les plus courantes identifiées sont les mono- et diglycérides d’acides gras (E471) et les phosphates (E450).
Åsne Skram Trømborg, chercheuse au NMBU, explique :
« Ce qui m’a le plus surpris, c’est la popularité des combinaisons d’additifs dans les aliments. »
Elle souligne que, jusqu’à présent, les recherches se sont principalement concentrées sur l’impact des substances individuelles, sans tenir compte des effets potentiels de leurs interactions.
Les chercheurs mettent en garde contre des effets potentiellement négatifs sur la santé, notamment sur la flore intestinale et les processus inflammatoires. Ils appellent à davantage de recherches pour évaluer les risques liés à ces « effets cocktails ».
Marius Kallerud Beck, responsable de la sécurité chimique des aliments à l’Autorité norvégienne de sécurité des aliments, rappelle que tous les additifs ont fait l’objet d’une évaluation des risques préalable à leur autorisation par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA). Il précise :
« La sécurité des substances peut être réévaluée en cas de nouvelles recherches pertinentes ou si l’évaluation initiale des risques a été effectuée il y a longtemps. »
Il insiste sur le fait que les additifs approuvés doivent être utilisés correctement et dans les quantités autorisées.
Cependant, M. Beck reconnaît également le manque de connaissances concernant les effets combinés de ces substances :
« Nous en savons beaucoup sur les additifs pris individuellement, mais nos connaissances sur leurs effets combinés sont limitées. Nous sommes donc optimistes quant à davantage de recherches dans ce domaine. »
L’Autorité norvégienne de sécurité des aliments recommande une alimentation variée et équilibrée afin de réduire le risque d’exposition excessive à un type de substance particulier.
Les chercheurs du NMBU prévoient de poursuivre leurs investigations en étudiant les effets de ces mélanges d’additifs sur des animaux et des humains. Ils souhaitent également prendre en compte d’autres facteurs, tels que le contenu nutritionnel et le goût des aliments, afin de mieux comprendre leur impact sur la santé. Une étude française récente, publiée dans la revue The BMJ, a d’ailleurs suggéré un lien possible entre certains conservateurs alimentaires et un risque accru de cancer, soulignant la nécessité de poursuivre les recherches dans ce domaine.
Harald Carlsen, professeur de nutrition et de biomédecine au NMBU et directeur de l’étude, espère que ces travaux contribueront à une meilleure compréhension de ces enjeux et à une prise de décision éclairée en matière de sécurité alimentaire.