Home MondeCampagne anti-mosquée de Bhai Preet Singh à Delhi. Tribunaux, affrontements

Campagne anti-mosquée de Bhai Preet Singh à Delhi. Tribunaux, affrontements

by Clara Dubois

Publié le 7 janvier 2026 22:39:00. Un militant autoproclamé, Bhai Preet, suscite la controverse à Delhi en ciblant des mosquées et des lieux de culte musulmans, ce qui a récemment conduit à des affrontements avec la police lors d’une opération de démolition.

  • Bhai Preet, à travers des pétitions et une forte présence sur les réseaux sociaux, remet en question la légalité de structures religieuses musulmanes sur des terrains publics.
  • La démolition de la mosquée Faiz-e-Ilahi dans le vieux Delhi a déclenché des violences, avec des jets de pierres sur les forces de l’ordre et plusieurs arrestations.
  • L’activiste, qui se présente comme un défenseur de l’identité nationale indienne, opère en dehors des structures politiques traditionnelles et s’appuie sur un réseau de bénévoles pour ses actions en justice.

Bhai Preet – de son vrai nom Preet Sirohi – est devenu une figure récurrente dans les batailles juridiques concernant la propriété religieuse à Delhi. Son approche, qui consiste à dénoncer ce qu’il considère comme des constructions illégales sur des terres de l’État, a créé un climat de tension et de méfiance entre les communautés.

La mosquée Faiz-e-Ilahi, située dans le quartier historique de la porte Turkman, était au cœur de cette controverse. Nichée au milieu d’un marché animé, elle accueillait jusqu’à 7 000 fidèles chaque vendredi. La pétition déposée par Bhai Preet a perturbé la vie quotidienne des habitants et a soulevé des questions sur la légitimité de la mosquée.

La Cour suprême de Delhi a initialement refusé d’élargir la portée de l’affaire, notant que le terrain appartenait au Bureau du foncier et du développement (L&DO) et que le litige concernait principalement des différends administratifs. Cependant, cette décision n’a pas empêché la Corporation municipale de Delhi (MCD) de lancer une opération de démolition à 1h30 du matin mercredi.

Les forces de l’ordre ont été confrontées à des jets de pierres de la part d’une foule d’environ 150 personnes, ce qui a nécessité l’intervention des forces de l’ordre. Cinq policiers ont été blessés et hospitalisés, et cinq personnes ont été arrêtées. La police a identifié plus de 15 autres individus grâce aux images des caméras portées sur le corps.

Le All India Muslim Personal Law Board a critiqué l’utilisation du terme « mosquée illégale » et a souligné que de nombreuses mosquées en Inde, en particulier les plus anciennes, n’ont pas de documents formels attestant de leur propriété. Le porte-parole de l’AIMPLB, le Dr SQR Ilyas, a déclaré :

« Il y a des temples construits sur des terrains gouvernementaux ou privés sans autorisation, mais nous ne sommes pas le fer de lance des protestations contre eux. »

Dr SQR Ilyas, porte-parole du All India Muslim Personal Law Board

Bhai Preet, quant à lui, justifie ses actions en invoquant la nécessité de protéger l’identité nationale indienne. Il a déclaré sans détour :

« Masjid Tombé, le cimetière est vide. Le pays est passé en premier (Laissez les mosquées tomber, les cimetières se vider. Le pays passe en premier) »

Bhai Preet

Son opération s’appuie sur une fondation, Save India, créée en 2021, qui reçoit un flux constant d’informations provenant de tout le pays. Bhai Preet et son avocat, Umesh Chandra Sharma, examinent ces signalements, vérifient les registres fonciers et déposent des requêtes auprès des tribunaux.

Bhai Preet se décrit comme un nationaliste fervent, partisan du mouvement Swadeshi (autonomie économique) et critique de l’influence étrangère. Il se présente comme un défenseur des droits fonciers et dénonce la corruption et la décadence morale de la société indienne. Il affirme ne pas appartenir à un parti politique, accusant les partis au pouvoir d’éviter les questions sensibles.

Son activisme, bien que controversé, a suscité un débat sur la question de la propriété foncière et de la préservation du patrimoine religieux en Inde. Les groupes musulmans accusent Bhai Preet de cibler sélectivement les mosquées et de semer la discorde entre les communautés. D’autres soulignent que son travail met en lumière des problèmes de légalité et de transparence dans la gestion des terres publiques.

Bhai Preet a été impliqué dans des affaires judiciaires et a fait l’objet de poursuites pour incitation à la haine. Il affirme être victime de menaces et de harcèlement en raison de son activisme. Malgré cela, il reste déterminé à poursuivre sa lutte, convaincu que le pays a besoin d’être « sauvé ».

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