Une simple séance de vélo de 10 minutes, pratiquée à haute intensité, pourrait avoir un impact significatif sur la progression du cancer colorectal. Des recherches récentes montrent que cet effort physique déclenche des signaux sanguins capables de freiner la croissance des cellules cancéreuses et d’améliorer la réparation de l’ADN.
L’étude, dont les résultats seront publiés en 2026 dans le Journal international du cancer, a suivi l’évolution du sang de 30 volontaires en surpoids (âgés de 50 à 78 ans) après un test de cyclisme intense de 10 à 12 minutes. Les chercheurs de l’Université de Newcastle ont ensuite exposé des cellules tumorales de cancer colorectal à ce sérum sanguin « post-exercice ». Ils ont observé un ralentissement notable de la croissance des cellules cancéreuses, ainsi qu’une accélération de la réparation de leur ADN.
L’analyse de 249 protéines dans les échantillons sanguins a révélé une augmentation du taux de 13 d’entre elles après l’effort. Parmi celles-ci, l’interleukine-6 (IL-6), une protéine connue pour son rôle dans la réparation de l’ADN des cellules endommagées, a été particulièrement mise en évidence.
Les chercheurs ont constaté que l’activité de 1 364 gènes était modifiée par l’exposition au sérum post-exercice. Les gènes impliqués dans la production d’énergie et la réparation de l’ADN étaient activés, tandis que l’expression des gènes favorisant une croissance rapide des cellules cancéreuses était réduite. Plus précisément, le gène PNKP, essentiel à la réparation de l’ADN, s’est révélé presque deux fois plus exprimé après l’exposition au sérum.
« Ce qui est remarquable, c’est que l’exercice ne profite pas seulement aux tissus sains, il envoie des signaux puissants dans la circulation sanguine qui peuvent influencer directement des milliers de gènes dans les cellules cancéreuses », explique le Dr Sam Orange, qui a dirigé l’étude. « Même une seule séance peut faire la différence. Un effort unique, d’une durée de seulement 10 minutes, envoie des signaux puissants à l’organisme. »
Ces découvertes pourraient ouvrir la voie à de nouvelles approches thérapeutiques, en particulier en imitant ou en renforçant les effets biologiques de l’exercice. Le Dr Orange précise : « À l’avenir, ces découvertes pourraient mener à de nouvelles thérapies qui imitent les effets bénéfiques de l’exercice sur la façon dont les cellules réparent l’ADN endommagé et utilisent le carburant comme source d’énergie. »
Il est déjà établi qu’une activité physique régulière diminue d’environ 20 à 40 % le risque de cancer colorectal, ce qui justifie les recommandations actuelles d’au moins 150 minutes d’effort par semaine. L’originalité de cette recherche réside dans le fait qu’une seule séance intense de 10 minutes suffit à modifier, de manière mesurable, les gènes et les mécanismes de réparation de l’ADN.
Dans un contexte où la sédentarité est en augmentation, ces résultats soulignent l’importance d’une stratégie simple, accessible et potentiellement protectrice, qui reste pourtant largement sous-exploitée.
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