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Cancer de la prostate : la surveillance active étendue

by Sophie Martin

La stratégie de traitement du cancer de la prostate est en pleine évolution. De plus en plus de patients, même ceux diagnostiqués avec des formes intermédiaires de la maladie, peuvent désormais éviter des interventions lourdes grâce à une surveillance active rapprochée.

C’est la conclusion majeure du congrès annuel de l’Association Française d’Urologie (AFU), rapportée par le Dr Pierre-Olivier Fais, chef du service urologie à l’hôpital Sainte Musse à Toulon. L’AFU a validé l’extension de la surveillance active aux patients présentant un cancer à risque intermédiaire, une approche qui gagne du terrain face aux traitements plus invasifs.

La surveillance active consiste en un suivi régulier de l’évolution du cancer, généralement tous les six mois, par le biais d’examens cliniques et biologiques. L’objectif est de ne pas intervenir tant que la maladie ne montre pas de signes de progression.

Cette approche peut sembler contre-intuitive, mais elle repose sur des données solides. Des études ont démontré qu’il n’existe pas de différence significative en termes de progression de la maladie entre les patients ayant subi une chirurgie ou une radiothérapie et ceux ayant bénéficié d’une simple surveillance active, notamment pour les cancers à faible risque ou à risque intermédiaire.

« Il s’agit d’éviter ou de retarder, dans un premier temps, des interventions inutiles et les effets secondaires qui y sont liés », explique le Dr Fais. Le cancer de la prostate est souvent une maladie à évolution lente : dans 40 % des cas, une intervention n’est jamais nécessaire, et seulement 60 % des patients auront besoin d’un traitement à un moment donné.

Retarder un traitement éventuel n’altère pas les chances de guérison, mais permet de prolonger la qualité de vie sans les effets secondaires souvent associés aux interventions.

Le risque lié à un cancer de la prostate est évalué à l’aide de quatre paramètres clés. Le premier est le taux de PSA (antigène prostatique spécifique), mesuré lors d’une analyse sanguine. Une augmentation de ce taux peut justifier des examens complémentaires. Le toucher rectal, la biopsie et l’IRM complètent l’évaluation et permettent d’établir un score de gravité.

Le diagnostic précoce est crucial pour une prise en charge optimale. C’est en détectant la maladie à un stade précoce qu’il est possible d’envisager une surveillance active et d’éviter des traitements inutiles.

Pour bénéficier d’un dépistage régulier, il est recommandé aux hommes âgés de 50 à 75 ans de consulter leur médecin traitant ou un urologue une fois par an ou tous les deux ans pour un examen clinique incluant un toucher rectal et une vérification du taux de PSA. Un dépistage plus précoce, avant 50 ans, est conseillé en cas de facteurs de risque génétiques, notamment si des femmes de la famille sont atteintes d’une forme génétique du cancer du sein, car le gène impliqué est le même dans les deux types de cancer. Il est important de signaler ces antécédents à son médecin.

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