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Cancer du pancréas : bientôt le 2ème cancer le plus meurtrier

Le cancer du pancréas, souvent découvert trop tard, représente un défi majeur pour la santé publique. Face à une incidence en hausse et un taux de survie à 5 ans de seulement 11 %, des recherches prometteuses sont…

Cancer du pancréas : bientôt le 2ème cancer le plus meurtrier

Le cancer du pancréas, souvent découvert trop tard, représente un défi majeur pour la santé publique. Face à une incidence en hausse et un taux de survie à 5 ans de seulement 11 %, des recherches prometteuses sont en cours pour améliorer le diagnostic et les traitements.

La Fondation ARC contre le cancer alerte sur la difficulté de diagnostiquer ce cancer à un stade précoce. Les symptômes, lorsqu’ils apparaissent, sont en effet souvent non spécifiques et peuvent être attribués à d’autres affections, retardant ainsi la prise en charge. Dans 80 à 90 % des cas, le diagnostic intervient alors que la tumeur s’est déjà étendue au-delà du pancréas, rendant l’intervention chirurgicale – actuellement la seule option curative – impossible.

« À ce stade, la prise en charge repose sur des chimiothérapies lourdes, trop souvent insuffisantes », souligne la Fondation ARC. C’est pourquoi, en 2022, elle a lancé l’appel à projets PANCREAS, visant à soutenir des travaux innovants dans trois domaines clés : le diagnostic précoce, les nouvelles approches thérapeutiques pour les patients non opérables, et l’identification de cibles thérapeutiques au sein du microenvironnement tumoral.

Trois projets soutenus par la fondation illustrent ces efforts.

À Dijon, l’équipe du professeur François Ghiringhelli (Centre Georges François Leclerc) explore la possibilité de bloquer l’interleukine-1 (IL-1), une protéine produite par le système immunitaire. Leur hypothèse est que cette protéine permet aux cellules tumorales de se protéger des traitements, et qu’en bloquant sa voie d’action, il serait possible de restaurer la sensibilité aux thérapies.

À Bordeaux, le professeur Sandrine Dabernat (Institut de Recherche en Oncologie) développe une thérapie génique innovante. L’objectif est de créer des « brèches » dans le microenvironnement tumoral pour attirer les cellules immunitaires anti-tumorales, rendant ainsi les patients éligibles à l’immunothérapie cellulaire. Cette approche consiste à introduire dans l’organisme des virus modifiés ciblant les cellules cancéreuses du pancréas, les rendant plus vulnérables aux attaques du système immunitaire.

Enfin, des recherches sont menées pour développer une biopsie liquide, un simple prélèvement sanguin, capable de détecter le cancer du pancréas à un stade précoce. Cette approche analyse des marqueurs biologiques spécifiques des cellules immunitaires, permettant d’identifier des lésions pancréatiques précancéreuses ou un cancer à un stade initial. Un diagnostic plus précoce ouvrirait la voie à la chirurgie pour un plus grand nombre de patients.

La vigilance reste essentielle. Le centre anti-cancer Léon-Bérard de Lyon rappelle qu’il est important de consulter un médecin en cas de : jaunisse, douleurs abdominales, douleurs au milieu du dos, diabète d’apparition récente, thrombose, modifications du transit intestinal, perte de poids inexpliquée, nausées ou symptômes dépressifs.

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.