Publié le 16 décembre 2025 à 06h31. La lèpre, une maladie longtemps disparue d’Europe, refait surface en Roumanie et en Croatie, touchant des travailleurs étrangers. Les autorités sanitaires rassurent la population, soulignant la faible contagiosité de la maladie et la disponibilité de traitements efficaces.
- La Roumanie a confirmé quatre cas suspects de lèpre, la première identification depuis 1981, impliquant des employées de massage d’origine asiatique.
- La Croatie a signalé un cas isolé chez un travailleur népalais résidant dans le pays depuis deux ans.
- Les ministères de la Santé des deux pays affirment qu’il n’y a pas de danger pour la population générale grâce à la faible contagiosité de la maladie et aux protocoles de santé mis en place.
Après plus de quatre décennies sans cas avérés, la Roumanie est confrontée à la réapparition de la lèpre, également connue sous le nom de maladie de Hansen. Le ministre roumain de la Santé, Alexandru Rogobete, a confirmé vendredi 12 décembre la présence d’un cas confirmé et l’évaluation clinique et microbiologique de trois autres. Les quatre femmes concernées sont des masseuses d’origine asiatique travaillant dans un salon de Cluj-Napoca, en Transylvanie. Les autorités ont ordonné la fermeture temporaire de l’établissement en attendant les résultats de l’enquête épidémiologique.
Le ministre Rogobete a cherché à apaiser les inquiétudes du public, expliquant que le risque de transmission diminue progressivement dès le début du traitement médicamenteux, conformément aux protocoles internationaux.
« Une fois le traitement pharmacologique commencé, le risque de transmission diminue progressivement jusqu’à disparaître »
Alexandru Rogobete, ministre roumain de la Santé
La lèpre présente en effet une contagiosité limitée et nécessite une exposition prolongée pour se propager, les contacts courts ou le partage d’espaces communs ne présentant pas de danger. Le salon a fait l’objet d’une désinfection approfondie, et tous les employés ont été soumis à des examens médicaux. L’enquête épidémiologique a été étendue afin d’identifier d’éventuels contacts à risque.
La Croatie a également confirmé un cas isolé de lèpre, le premier depuis 1993. Au total, une vingtaine de cas avaient été recensés dans le pays au cours du XXe siècle. Bernard Kaić, chef du Service d’épidémiologie des maladies infectieuses de l’Institut croate de santé publique, a précisé que le patient s’était présenté il y a une dizaine de jours avec des symptômes compatibles avec la maladie.
« Le cas a été identifié rapidement, la personne est actuellement sous traitement, tandis que ses contacts étroits ont reçu une thérapie préventive post-exposition, même s’ils n’étaient pas infectés. »
Bernard Kaić, chef du Service d’épidémiologie des maladies infectieuses de l’Institut croate de santé publique
Le patient est un travailleur originaire du Népal résidant en Croatie depuis deux ans avec sa famille. Une prophylaxie a été mise en place et tous les contacts sont suivis médicalement. Les autorités croates ont affirmé que « la situation est totalement sous contrôle ».
La lèpre, ou maladie de Hansen, est une infection chronique causée par une bactérie qui se transmet principalement par les gouttelettes respiratoires émises lors de la toux ou des éternuements. Cependant, la transmission nécessite un contact prolongé avec une personne infectée, ce qui la rend moins contagieuse que d’autres maladies respiratoires. L’épidémiologiste Kaić a décrit les symptômes typiques : « La maladie se manifeste par des lésions cutanées et des atteintes nerveuses périphériques, entraînant une perte de sensibilité et une faiblesse générale ». Il a souligné que, comme la tuberculose, la lèpre est aujourd’hui parfaitement curable grâce à une thérapie médicamenteuse de six à douze mois.
La réapparition de la lèpre en Europe n’est pas totalement inattendue, compte tenu de la longue période d’incubation de la maladie : entre six mois et dix ans, voire plus, peuvent s’écouler entre l’infection et l’apparition des premiers symptômes. Cette caractéristique rend difficile la détection de la maladie lors des contrôles de santé standards chez les personnes venant de pays où la lèpre est encore endémique. Selon l’Organisation mondiale de la santé, la lèpre reste endémique dans certaines régions du Brésil, de l’Inde, de l’Indonésie, de la République démocratique du Congo, du Bangladesh et des pays voisins. L’augmentation de la mobilité internationale et des flux migratoires a conduit à des cas sporadiques, même dans les pays où la maladie était considérée comme éradiquée. Heureusement, l’existence de médicaments antimicrobiens efficaces permet un traitement décisif de la pathologie, tandis que sa faible contagiosité ne nécessite pas de mesures d’isolement particulières pour les patients en cours de traitement.
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