Publié le 6 janvier 2026 à 19h00. La course à l’intelligence artificielle s’intensifie entre les États-Unis et la Chine, avec des avancées spectaculaires dans le domaine des mathématiques, notamment grâce au modèle DeepSeekMath-V2, capable de performances dépassant celles d’étudiants experts.
- Le modèle d’IA chinois DeepSeekMath-V2 a surpassé le score maximum obtenu par un humain au concours mathématique William Lowell Putnam 2024.
- DeepSeek, la société derrière ce modèle, propose une approche open source, contrastant avec les stratégies des géants américains de la technologie.
- Les États-Unis restent en tête des investissements en IA, avec des entreprises comme OpenAI, Microsoft et Google en première ligne.
La domination américaine dans le domaine de l’intelligence artificielle (IA) est solidement établie grâce à des investissements massifs de ses grandes entreprises. OpenAI, la société cofondée par Sam Altman et Elon Musk, est à l’avant-garde de cette révolution avec son chatbot ChatGPT, devenu un phénomène mondial. Récemment, OpenAI a annoncé que son chatbot comptait plus de 700 millions d’utilisateurs actifs chaque mois, un chiffre que certains experts estiment dépassera le milliard avant la fin de 2025.
Cette course à l’IA ne se limite pas à OpenAI. Microsoft, Amazon, Meta et Google sont également engagés dans des efforts considérables, certains se concentrant sur le développement de modèles d’IA sophistiqués, tandis que d’autres investissent dans la création d’infrastructures cloud robustes, notamment de vastes centres de traitement de données. Mark Zuckerberg, fondateur de Meta, a même annoncé son ambition de créer un laboratoire dédié à la recherche de la « superintelligence », une technologie qui surpasserait les capacités cognitives humaines.
Cependant, les États-Unis ne sont pas seuls dans cette quête. La Chine, deuxième puissance mondiale, entend bien prendre sa part du gâteau. DeepSeek, l’un des principaux acteurs chinois, a récemment dévoilé un modèle autocorrectif capable de résoudre des problèmes mathématiques complexes. DeepSeek a lancé début 2025 son modèle R1, offrant des performances comparables à celles de ChatGPT, mais à un coût de formation bien inférieur : environ six millions de dollars (contre plus de 100 millions de dollars pour le modèle GPT-4 d’OpenAI, lancé fin 2023).
DeepSeekMath-V2 a résolu cinq des six problèmes de l’OMI 2025


La dernière création de DeepSeek, DeepSeekMath-V2, est un modèle d’IA spécifiquement conçu pour le raisonnement mathématique de haut niveau et la génération de tests formels. Sa particularité réside dans son approche open source, permettant aux utilisateurs de le télécharger et de l’intégrer librement dans leurs propres projets. Ce choix contraste fortement avec la politique de confidentialité adoptée par les grandes entreprises américaines.
DeepSeekMath-V2 a obtenu un score impressionnant de 118 points sur 120 au concours mathématique William Lowell Putnam 2024, un événement réputé pour sa difficulté extrême et réservé aux esprits les plus brillants en mathématiques. Ce score dépasse le maximum jamais atteint par un humain (90 points). Le modèle a également égalé les performances des médaillés d’or de l’Olympiade mathématique internationale (OMI) de 2025 et de l’Olympiade mathématique chinoise de 2024.
« Nous avons atteint un point où l’IA est aussi bonne en mathématiques qu’un étudiant intelligent. C’est très excitant. »
Kevin Buzzard, mathématicien à l’Imperial College de Londres
DeepSeekMath-V2 n’est pas le seul modèle d’IA à exceller en mathématiques. En février dernier, AlphaGeometry2, développé par Google DeepMind à Londres, a également obtenu un score d’or à l’OMI, un exploit réitéré en juillet par Gemini Deep Think de Google.
Ce qui distingue DeepSeekMath-V2, c’est sa mise en œuvre d’un raisonnement mathématique auto-vérifié pour la première fois. Il intègre un vérificateur capable d’évaluer les preuves mathématiques, d’identifier les erreurs logiques et d’attribuer des notes en fonction de leur rigueur. Un système de méta-vérification contrôle l’exactitude des évaluations du vérificateur, réduisant ainsi le risque d’erreurs. Ce processus améliore considérablement la fiabilité du modèle.
Le modèle est conçu pour créer une boucle de rétroaction continue : le vérificateur améliore le générateur, et les tests plus difficiles produits par le générateur servent de nouvelles données de formation pour renforcer le vérificateur.
DeepSeekMath-V2 a réussi à résoudre cinq des six problèmes posés à l’OMI 2025, avec un taux de réussite de 83,3 %. Cependant, il n’a pas pu venir à bout des problèmes les plus complexes de l’édition 2025 ni des tests précédents de l’OMI.
Alors que DeepSeekMath-V2 utilise l’auto-vérification en langage naturel, minimisant l’intervention humaine et réduisant les coûts, Gemini Deep Think de Google utilise un langage symbolique externe appelé Lean pour vérifier le raisonnement mathématique, nécessitant une expertise humaine importante. Bien que cette approche limite les erreurs, elle est plus coûteuse et consomme davantage de ressources.
Certains experts prédisent que DeepSeekMath-V2 a de fortes chances de remporter le prix AI Mathematical Olympiad, doté de 5 millions de dollars, qui récompense les systèmes open source. Un modèle open source permet aux chercheurs de le télécharger gratuitement et de l’adapter à leurs besoins spécifiques.
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