Publié le 23 novembre 2025 18h37. Sam Altman, le PDG d’OpenAI, prédit une transformation radicale du marché du travail, avec des suppressions d’emplois massives dans certains secteurs, tandis qu’il souligne la capacité de l’intelligence artificielle à accroître la productivité humaine et à s’adapter aux crises.
- Sam Altman anticipe que les premiers emplois à disparaître seront ceux liés au support client et à l’informatique, où l’IA a déjà dépassé les capacités humaines.
- Contrairement à d’autres experts, il estime que les professions nécessitant une forte interaction humaine, comme la médecine, seront plus résistantes à l’automatisation.
- Altman insiste sur les implications éthiques du développement de l’IA et propose des solutions pour garantir son alignement avec les valeurs humaines.
Selon Sam Altman, l’intelligence artificielle est en train de redéfinir les contours du monde du travail. Lors d’un entretien avec le commentateur américain Tucker Carlson, il a affirmé que les premières victimes de cette révolution technologique ne seront pas les professions libérales traditionnelles, mais plutôt les métiers du support client, qu’il s’agisse d’assistance téléphonique ou informatique. « L’IA surpasse déjà les humains dans ces tâches », a-t-il déclaré, prévoyant un « déplacement massif » sur le lieu de travail.
Cette vision tranche avec celle d’autres figures influentes du secteur, comme Elon Musk, qui a récemment affirmé que l’intelligence artificielle « dépassera bientôt de loin les médecins et les avocats ». Altman, en revanche, considère que les emplois qui exigent une empathie et une compréhension nuancée des émotions humaines, comme ceux du secteur médical, présentent une plus grande résistance à l’automatisation.
Le PDG d’OpenAI a également souligné la capacité de la société à s’adapter rapidement aux nouvelles circonstances, citant en exemple la réponse mondiale coordonnée lors de la pandémie de COVID-19. Il estime que l’IA peut jouer un rôle crucial dans la résolution de problèmes complexes et l’amélioration de la résilience collective.
Au-delà des pertes d’emplois potentielles, Altman insiste sur le potentiel de l’IA à « améliorer considérablement » la vie des gens. Il explique que cette technologie permettra à des milliards de personnes d’être « beaucoup plus productives, créatives ou de faire des découvertes scientifiques inédites ». Il a notamment évoqué le cas des programmeurs, qui peuvent désormais générer « beaucoup plus de code » grâce à l’IA, augmentant ainsi leur productivité.
Cependant, Altman est conscient des défis éthiques posés par le développement de l’intelligence artificielle. Il a reconnu que ce travail lui impose un « grand fardeau » et lui cause des « nuits blanches », car ses équipes prennent constamment des « petites décisions » sur le comportement des modèles qui affectent quotidiennement des centaines de millions d’utilisateurs.
Son objectif principal est de s’assurer que l’IA reflète la « vision morale collective de l’humanité », et non ses propres convictions personnelles. Il reconnaît que cette tâche est « monumentale » en raison de la diversité des opinions qui existent dans le monde.
L’un des sujets les plus délicats abordés lors de l’entretien a été la position de ChatGPT concernant le suicide. Altman a expliqué que, dans le cas de jeunes ayant des idées suicidaires, l’IA les orientera vers les lignes d’assistance téléphonique. Cependant, dans les pays où l’aide médicale à mourir est légalisée pour les patients en phase terminale, ChatGPT pourrait présenter cette option comme valide, sans toutefois en faire activement la promotion. Cette position, selon Altman, illustre la difficulté d’aligner l’intelligence artificielle sur des cadres éthiques en constante évolution.
Dans le domaine de la vie privée, Altman a proposé la création d’un « privilège IA », une protection juridique pour les conversations sensibles avec les systèmes d’intelligence artificielle, comparable au secret médical ou au secret professionnel avocat-client.
Enfin, Altman a exprimé ses inquiétudes concernant les risques existentiels associés à l’intelligence artificielle, notamment la possibilité que celle-ci facilite la conception « d’armes biologiques ou d’une pandémie de type COVID ». Ces préoccupations rejoignent les avertissements des experts concernant les dangers potentiels d’une utilisation malveillante de l’IA, ainsi que sa capacité à générer des images, des sons et des textes indiscernables de la réalité, ce qui pourrait rendre « difficile, voire impossible, pour quiconque de discerner la différence entre réalité et fantasme ». Face à ce défi, il a suggéré la mise en place de mécanismes de vérification, tels que des signatures cryptographiques pour les messages importants ou l’utilisation de « mots-clés » pour lutter contre la fraude.
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