Une nouvelle approche prometteuse pourrait révolutionner la lutte contre l’anémie ferriprive, un trouble courant caractérisé par une fatigue persistante et des carences en fer. Des chercheurs ont mis au point un complément alimentaire innovant combinant fer, prébiotiques et probiotiques, capable de restaurer les niveaux de fer sans provoquer d’inflammation intestinale.
L’anémie, qui se manifeste par un manque de globules rouges fonctionnels, affecte des millions de personnes dans le monde. Elle peut être causée par des infections, des maladies héréditaires, mais est le plus souvent liée à une alimentation insuffisamment riche en fer. Si les traitements à base de comprimés de fer sont couramment prescrits, ils présentent souvent des inconvénients : l’organisme absorbe mal le fer, et l’excès non assimilé peut perturber l’équilibre de la flore intestinale et engendrer des inflammations.
Pour pallier ces effets secondaires, l’équipe de Poonam Sagar, Nitin Kumar Singhal et leurs collaborateurs a développé une formule tricomposée. Elle associe des fibres alimentaires issues du millet, un probiotique (Lactobacillus rhamnosus) et un complexe de fer. L’objectif : améliorer l’absorption du fer tout en préservant la santé intestinale.
Des tests préliminaires sur des cellules humaines ont confirmé la compatibilité de ce nouveau supplément. Des études menées sur des souris anémiques ont ensuite révélé des résultats encourageants. Après deux semaines de traitement, les rongeurs ont présenté une restauration des taux d’hémoglobine, la protéine riche en fer contenue dans les globules rouges. Les chercheurs ont également constaté une amélioration de l’absorption du fer, avec des niveaux d’excrétion similaires à ceux des souris en bonne santé.
L’étude a mis en évidence une augmentation de l’activité des gènes impliqués dans le transport et le métabolisme du fer, ainsi qu’une réduction significative des signes d’inflammation au niveau du côlon. De plus, la flore intestinale bénéfique, affaiblie par l’anémie, a pu se reconstituer.
« En faisant progresser l’apport de fer à base de biomatériaux, cette recherche propose une approche transformatrice pour lutter contre l’anémie, contribuant directement à l’amélioration de la nutrition et de la santé publique à long terme », explique Poonam Sagar.
Bien que des recherches complémentaires soient nécessaires, cette approche innovante pourrait ouvrir la voie à une nouvelle génération de compléments alimentaires plus efficaces, mieux tolérés et moins susceptibles de provoquer des effets indésirables. Les travaux ont été financés par le ministère indien des Sciences et Technologies et l’Institut national de biotechnologie agroalimentaire.
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