Publié le 11 janvier 2026 19:41:00. Une étude italienne révèle un lien surprenant entre les gènes hérités de nos ancêtres chasseurs-cueilleurs et la capacité de certains individus à vivre plus d’un siècle, ouvrant de nouvelles pistes dans la recherche sur le vieillissement.
- Des scientifiques ont identifié des modèles génétiques spécifiques, transmis par les populations de chasseurs-cueilleurs, qui influencent la résistance au stress et aux infections.
- L’Italie, avec sa riche diversité génétique, offre un terrain d’étude idéal pour comprendre les facteurs de longévité.
- Ces découvertes pourraient expliquer pourquoi certaines personnes atteignent l’âge de 100 ans ou plus, et ouvrir la voie à de nouvelles approches pour un vieillissement en bonne santé.
Des chercheurs de l’Université de Bologne ont mis en évidence une connexion fascinante entre l’ADN des populations préhistoriques et la longévité exceptionnelle observée chez certains individus modernes. L’étude, dirigée par le professeur Cristina Giuliani, a comparé les génomes de centaines de personnes afin de déterminer si certains schémas génétiques hérités de nos ancêtres pouvaient jouer un rôle dans la capacité de l’organisme à faire face aux défis liés au vieillissement.
L’Italie, carrefour historique des migrations humaines, présente une diversité génétique particulièrement riche. Au 1er janvier 2025, on comptait 23 548 centenaires sur le territoire italien, dont près de 83 % étaient des femmes. Cette diversité permet aux scientifiques d’étudier l’influence de différentes lignées génétiques sur la longévité.
Grâce aux avancées des techniques de laboratoire, il est désormais possible d’extraire de l’ADN utilisable à partir d’ossements anciens et de le comparer aux génomes actuels. La paléogénomique, discipline qui étudie les génomes préhistoriques, permet de cartographier l’histoire des populations et d’identifier les gènes hérités de nos ancêtres. Les recherches ont révélé que l’ADN des chasseurs-cueilleurs occidentaux, qui vivaient en Europe avant l’introduction de l’agriculture, est encore présent chez de nombreuses personnes aujourd’hui.
L’étude a démontré que les personnes qui vivent jusqu’à 100 ans ou plus présentent un lien génétique plus fort avec ces anciens chasseurs-cueilleurs que les groupes de comparaison plus jeunes. Ces variantes génétiques pourraient influencer des processus biologiques essentiels pour un vieillissement sain, tels que le métabolisme, le système immunitaire et les mécanismes de réparation cellulaire. Cet effet était particulièrement marqué chez les femmes, qui ont tendance à vivre plus longtemps que les hommes.
Les chercheurs suggèrent que certaines variantes génétiques, autrefois bénéfiques à l’époque glaciaire – notamment la capacité à stocker efficacement l’énergie et à combattre rapidement les infections – pourraient encore jouer un rôle dans la promotion d’un vieillissement en bonne santé aujourd’hui. Ces résultats ouvrent de nouvelles perspectives pour comprendre les bases biologiques de la longévité et pourraient, à terme, conduire à des approches innovantes dans la recherche sur le vieillissement.
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