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Ce sont toutes les voitures chinoises vendues en Argentine

by Amélie Bernard

Publié le 4 janvier 2026 à 16h46. Le marché automobile argentin connaît une transformation rapide avec l’arrivée massive de constructeurs chinois, profitant de nouvelles politiques d’importation et d’une demande croissante pour les véhicules électrifiés.

  • La part de marché des véhicules d’origine chinoise a connu une croissance exponentielle, passant de 0,9 % en janvier 2025 à 5,6 % à la fin de l’année.
  • Plusieurs groupes d’entreprises locales ont joué un rôle clé dans l’importation et la distribution de ces marques, diversifiant leur offre et profitant des opportunités offertes par le marché.
  • Bien que les prix soient compétitifs, l’impact disruptif attendu par certains observateurs n’est pas encore pleinement visible, en raison des quotas d’importation et des coûts additionnels.

L’Argentine assiste à une véritable invasion de marques automobiles chinoises, un phénomène accentué par l’ouverture du marché aux importations et des mesures gouvernementales favorables aux véhicules électrifiés. En 2025, un quota de 50 000 véhicules électrifiés a été autorisé sans droits de douane, créant une opportunité pour les constructeurs chinois de s’implanter sur le territoire.

Cette affluence a entraîné une augmentation significative des ventes de véhicules importés, notamment ceux provenant du Brésil, dont la part de marché a grimpé de plus de 13 % pour atteindre plus de 50 % des ventes totales en quelques mois. Les voitures chinoises suivent une trajectoire similaire, affichant une croissance spectaculaire de 522 % entre janvier et décembre 2025.

Si Baic domine actuellement le segment chinois avec environ 2,2 % de part de marché, suivi de près par Haval (un peu plus de 1 %), le reste des constructeurs automobiles peine à atteindre 1 % de participation. Parmi les marques ayant fait leur entrée en 2025, on retrouve Ora, Tank, BYD, MG, GAC, Kaiyi, Geely (qui était déjà présent mais a été relancé avec un nouvel importateur) et Changan. D’autres, comme Great Wall, Haval, Poer, Jetour, Maxus, Chery, Baic, Skywell, DFSK, Foton, JAC, Lifan, Shineray et KYC, sont déjà bien établies.

L’arrivée de ces marques a entraîné une diversification rapide de l’offre, allant des petites voitures et SUV compacts aux camionnettes, avec un accent particulier sur les modèles électrifiés. Les prix sont généralement compétitifs par rapport aux marques traditionnelles européennes, japonaises ou coréennes, mais ne se traduisent pas encore par une baisse significative des prix. Un SUV chinois compact ou intermédiaire coûte généralement entre 23 000 et 35 000 dollars américains, tandis que les versions plus grandes, hybrides ou à traction intégrale dépassent rapidement les 40 000 dollars. Les camionnettes et les gros SUV peuvent même dépasser les 50 000 $ US, voire atteindre les 80 000 $ US dans certains cas.

Le régime d’importation joue un rôle central dans ce positionnement. De nombreuses marques sont associées à des groupes d’entreprises locales qui ont détecté une opportunité dans les coûts industriels d’origine et dans le quota annuel de 50 000 véhicules électrifiés autorisé par le gouvernement. Ce régime permet aux véhicules hybrides et électriques d’entrer sans payer le tarif extra-zone de 35 %, un avantage clé pour maintenir des prix compétitifs. Cependant, le quota est limité et réparti entre importateurs et constructeurs, ce qui empêche une stratégie de volume massif.

De plus, l’absence de droits de douane ne se reflète pas toujours directement dans le prix final. Aux coûts FOB s’ajoutent les coûts logistiques, les taxes intérieures, la TVA, les marges commerciales et, dans certains cas, un positionnement volontairement plus élevé pour ne pas dévaloriser le produit ou la marque. En conséquence, de nombreux modèles chinois finissent par coûter à peine moins cher, voire le même prix, que leurs concurrents bien connus, bien qu’avec un niveau de technologie ou des options d’électrification différents.

La proposition de valeur des marques chinoises repose davantage sur un équilibre entre prix, technologie et équipement que sur une logique de coût extrêmement bas. Les hybrides complets, les hybrides rechargeables et les véhicules purement électriques apparaissent dans des segments où l’offre était jusqu’à récemment quasi inexistante, mais leurs prix restent encore inaccessibles au grand public.

Derrière cette avancée se cache un réseau de groupes d’entreprises locales qui agissent comme importateurs, distributeurs et responsables de la stratégie commerciale. Le Groupe Antelo (anciennement Groupe Car One) est l’un des acteurs les plus importants, représentant plusieurs marques chinoises, dont Great Wall Motors (GWM) avec ses modèles Haval et Poer, ainsi que le SUV tout-terrain Tank 300 et l’électrique Ora 03. Le groupe a également relancé la marque Changan.

Le Groupe Eximar est responsable de l’arrivée de MG en Argentine, marquant le retour de la marque britannique (aujourd’hui sous le contrôle du groupe chinois SAIC). L’entreprise, qui représente également Volvo, Jaguar et Land Rover, a opté pour une gamme axée sur les modèles hybrides et électriques.

L’importation et la distribution de GAC Motors sont gérées par Avantek SA, une entreprise appartenant au groupe Rosario González Johansen. Enfin, le Groupe Fameyy a renforcé sa présence avec l’ajout de Kaiyi à son portefeuille, qui comprend déjà Jetour, KYC et Lifan.

Chery est désormais sous le contrôle du groupe Corven, dirigé par Leandro Iraola, après le rachat de l’opération qui était aux mains du Groupe Macri (Socma). Le groupe exploite également DFSK et représente Foton depuis plusieurs années. Maxus est importé par le Groupe d’affaires Prieto (GEP), qui possède une vaste expérience dans l’industrie automobile locale. Geely a été relancé en Argentine avec un changement d’importateur et une nouvelle stratégie commerciale, opérant sous Autos Sustentables del Sur.

Quelques marques, comme Forthing (Dongfeng), sont importées par Oriente Motors, dirigée par Mario Blanco. Le Groupe Belcastro est responsable de l’importation de Baic et Skywell. Enfin, JAC est importé par Astrak SA, la division automobile du groupe Socma, tandis que Shineray arrive en Argentine avec Ralitor SA.

Un cas particulier est celui de BYD, leader mondial des véhicules électrifiés. Contrairement à la plupart de ses concurrents, la marque débarque en Argentine avec sa propre structure, sans l’intermédiation d’un importateur local, gérant directement son fonctionnement commercial et le positionnement de sa marque.

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