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Centre commercial del Sol | Nobis | Guayaquil | Que sait-on de l’attentat à la voiture piégée en Équateur | Les loups | Daniel Noboa | Hôtel Sheraton | Note | MONDE

by Clara Dubois

Publié le 15 octobre 2025 à 20h45. Un attentat à la voiture piégée a frappé un quartier commercial animé de Guayaquil, en Équateur, faisant au moins une victime et relançant les inquiétudes face à la montée de la violence liée aux gangs et au terrorisme.

  • Le groupe criminel Los Lobos est suspecté d’être à l’origine de l’attentat, qui pourrait être une riposte à la lutte contre l’exploitation minière illégale.
  • L’explosion s’est produite près du centre commercial Del Sol et de l’hôtel Sheraton, dans une zone fréquentée par les habitants et les touristes.
  • Le gouvernement équatorien dénonce une nouvelle phase de confrontation directe entre les organisations criminelles et l’État.

L’explosion, survenue mardi soir sur l’avenue Joaquín Orrantia, a fait un mort : Wellington Benitez, un chauffeur de taxi qui filmait l’incendie d’une camionnette avant d’être touché par un éclat d’obus. Un second véhicule piégé a été découvert et neutralisé par les forces de l’ordre. Le ministre de l’Intérieur, Jean Reimberg, a précisé que l’engin utilisé n’était pas artisanal, mais fabriqué par des professionnels.

Les autorités pointent du doigt le groupe criminel Los Lobos, considéré comme l’organisation criminelle la plus puissante du pays et désigné comme terroriste par le président Daniel Noboa. Selon le ministre Reimberg, cet attentat est une réponse aux opérations menées par l’armée et la police contre l’exploitation minière illégale, notamment dans la province d’Imbabura. Los Lobos entretiendrait des liens avec le groupe dissident colombien Óliver Sinisterra, impliqué dans ces activités illégales.

Le gouverneur de Guayas, Humberto Plaza, a qualifié l’explosion de « terrorisme pur et simple ». Le président Noboa a réagi en affirmant que de tels actes visaient à déstabiliser le gouvernement et à empêcher la satisfaction des besoins des citoyens.

« On ne peut pas reculer devant les mafias ou devant les gens qui veulent terroriser les familles »

Daniel Noboa, président de l’Équateur

Cet attentat intervient dans un contexte de recrudescence de la violence en Équateur. Un autre véhicule piégé avait explosé le 26 septembre devant la prison régionale de Guayaquil, sans faire de victimes. Le 9 octobre, des explosifs avaient été découverts sur une bouteille de gaz à proximité du pénitencier du Littoral, la plus grande prison du pays, et désactivés par la police.

Le lieu de l’attentat, situé à proximité de l’aéroport de Guayaquil, est un quartier commercial développé il y a environ 25 ans, regroupant des hôtels, des tours de bureaux et le centre commercial Del Sol, l’un des plus importants de la ville. Selon le journal El Universo, une grande partie de ce développement a été financée par Pronobis, une société appartenant à Isabel Noboa, la tante du président Daniel Noboa, ce qui alimente les spéculations sur un possible objectif symbolique ou politique de l’attaque.

L’analyste en sécurité Fernando Carrión estime que cet attentat marque une nouvelle phase de confrontation directe entre les organisations criminelles et l’État équatorien, après la déclaration de conflit armé interne le 9 janvier 2024. Il explique que les gangs avaient temporairement réduit leurs activités après cette mesure, mais que la violence a repris depuis mars, avec une augmentation significative des homicides. En 2023, l’Équateur avait enregistré un taux de 46 homicides pour 100 000 habitants (7 878 crimes violents), qui est tombé à 39 en 2024 (7 033 crimes violents). Cependant, au premier semestre 2025, on comptait déjà 4 619 homicides, soit une augmentation de 47 % par rapport à la même période en 2024.

Carrión souligne que l’utilisation d’explosifs dans les zones urbaines est un nouveau type de violence pour l’Équateur, et que l’État n’est pas préparé à y faire face. Il met en évidence un schéma récurrent : des véhicules volés chargés d’explosifs improvisés utilisés comme messages ou actes d’intimidation. Il relie également la recrudescence de la violence à la grève nationale provoquée par la suppression de la subvention du diesel, qui a détourné les forces de l’ordre de la lutte contre le crime organisé.

L’analyste critique également la tendance du gouvernement Noboa à assimiler les protestations sociales au terrorisme, ce qui crée confusion et méfiance. Enfin, il insiste sur le fait que la crise carcérale reste le principal point faible de la sécurité nationale en Équateur, avec plus de 600 morts en prison au cours des quatre dernières années, témoignant du contrôle exercé par les structures criminelles sur le système pénitentiaire. Publication Twitter de NotiMundo

L'explosion s'est produite dans une zone commerciale très fréquentée du port équatorien de Guayaquil, plongée dans le chaos, selon des images diffusées par les autorités locales. (Photo de Marcos PIN / AFP).

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