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Certaines femmes commencent la ménopause après une intervention chirurgicale ou un traitement médical. Voici en quoi c’est différent

Publié le 2025-11-17 00:47:00. La ménopause, traditionnellement associée à l’âge, peut survenir plus tôt chez certaines femmes à la suite d’une intervention chirurgicale ou de traitements médicaux lourds. Comprendre les causes, les symptômes et les options de traitement…

Certaines femmes commencent la ménopause après une intervention chirurgicale ou un traitement médical. Voici en quoi c’est différent

Publié le 2025-11-17 00:47:00. La ménopause, traditionnellement associée à l’âge, peut survenir plus tôt chez certaines femmes à la suite d’une intervention chirurgicale ou de traitements médicaux lourds. Comprendre les causes, les symptômes et les options de traitement est crucial pour accompagner au mieux les femmes concernées.

  • Une ablation chirurgicale des ovaires, parfois pratiquée pour prévenir le cancer, entraîne une ménopause immédiate.
  • La chimiothérapie et la radiothérapie peuvent endommager les ovaires et provoquer une ménopause précoce ou une insuffisance ovarienne prématurée.
  • Des protocoles de soins actualisés et une hormonothérapie substitutive (THS) peuvent aider à gérer les symptômes et à protéger la santé à long terme.

Pour la majorité des femmes, la ménopause se manifeste naturellement autour de l’âge de 49 ans. Ce processus est précédé d’une diminution progressive de la qualité et de la quantité des ovules, aboutissant à l’arrêt complet de leur libération par les ovaires. Cette transition s’accompagne d’une baisse de la production d’œstrogènes et de progestérone, entraînant la cessation des règles. On considère qu’une femme est ménopausée après 12 mois sans menstruations.

Cependant, le parcours de la ménopause peut être radicalement différent pour certaines femmes. Une ablation chirurgicale des ovaires, souvent réalisée dans le cadre du traitement du cancer de l’ovaire, induit une ménopause immédiate. De même, des traitements médicaux tels que la chimiothérapie ou la radiothérapie, en raison de leur toxicité pour les ovaires, peuvent accélérer l’arrivée de la ménopause ou provoquer une insuffisance ovarienne prématurée.

Quels traitements peuvent induire une ménopause précoce ?

La ménopause chirurgicale est généralement envisagée chez les femmes atteintes de pathologies nécessitant l’ablation des ovaires, comme le cancer de l’ovaire. Dans certains cas, des femmes présentant une prédisposition génétique à ce type de cancer, notamment celles porteuses du gène BRCA1, à l’instar d’Angelina Jolie, peuvent opter pour une ablation préventive des ovaires afin de réduire le risque de développer un cancer ovarien ou du sein, souvent liés à la présence d’œstrogènes. L’histoire d’Angelina Jolie a largement contribué à sensibiliser le public à cette option.

D’autres interventions chirurgicales pelviennes, comme le retrait de kystes ovariens ou le traitement de l’endométriose, peuvent également endommager les ovaires et déclencher une ménopause précoce. Des études ont démontré le lien entre ces interventions et une diminution de la fonction ovarienne.

Par ailleurs, certains traitements médicaux, notamment la chimiothérapie et la radiothérapie utilisées dans le traitement du cancer, ainsi que les traitements pour des affections rhumatologiques comme le lupus, peuvent avoir un impact délétère sur les ovaires et provoquer une ménopause précoce. Des recherches ont mis en évidence l’effet de ces traitements sur la réserve ovarienne.

L’âge de la patiente, sa réserve ovarienne initiale, ainsi que le type et la dose de chimiothérapie ou de radiothérapie administrés sont des facteurs déterminants dans l’apparition de la ménopause après un traitement médical. Les femmes plus jeunes, disposant généralement d’une plus grande réserve ovarienne, peuvent mieux résister aux effets néfastes de ces traitements.

Quand et comment diagnostiquer une ménopause induite ?

La ménopause consécutive à un traitement médical peut survenir plus tôt que l’âge moyen de la ménopause naturelle. On parle de ménopause précoce lorsque celle-ci survient entre 40 et 45 ans. Environ 12 % des femmes sont concernées par ce type de ménopause. Avant 40 ans, on parle d’insuffisance ovarienne prématurée. Dans ce cas, il existe une possibilité, bien que faible, de reprise de la fonction ovarienne, surtout si la cause n’est pas un traitement médical. Cette reprise est impossible après une ménopause chirurgicale. Environ 4 % des femmes sont touchées par l’insuffisance ovarienne prématurée.

Le diagnostic de ménopause chirurgicale est relativement simple. En revanche, le diagnostic de ménopause après un traitement médical peut être plus complexe. Il repose sur l’absence de règles pendant au moins quatre mois, associée à un taux élevé d’hormone folliculo-stimulante (FSH) détecté par une analyse sanguine. Des directives précises ont été élaborées pour aider les professionnels de santé à poser un diagnostic précis.

Quels sont les symptômes et comment diffèrent-ils ?

Les symptômes liés à la carence en œstrogènes, tels que les bouffées de chaleur, apparaissent généralement rapidement après une ménopause chirurgicale. D’autres symptômes, comme la sécheresse vaginale, peuvent se développer plus progressivement. Les symptômes de la ménopause chirurgicale sont souvent plus intenses que ceux de la ménopause naturelle.

L’expérience de chaque femme est unique, et les symptômes peuvent varier considérablement. Il peut également être difficile de distinguer les symptômes liés à la ménopause de ceux causés par la maladie sous-jacente ou par le traitement reçu, comme les troubles cognitifs parfois associés à la chimiothérapie.

Une insuffisance ovarienne prématurée, en raison de la baisse des taux d’œstrogènes, peut entraîner une sécheresse vaginale, une diminution de la libido, une perte de masse musculaire, une fragilité osseuse et des troubles cognitifs. Elle peut également augmenter le risque de maladies cardiovasculaires et d’accidents vasculaires cérébraux, avec un risque plus élevé après une ménopause chirurgicale qu’après une ménopause prématurée spontanée. Des études ont confirmé cette association.

L’insuffisance ovarienne prématurée peut également avoir un impact négatif sur la santé mentale et la qualité de vie, et affecter la capacité à travailler. Des recherches ont souligné l’importance d’un accompagnement psychologique adapté.

Les femmes ménopausées chirurgicalement ne peuvent plus concevoir, tandis que les femmes souffrant d’insuffisance ovarienne prématurée ont une faible probabilité de tomber enceintes naturellement.

Quelles sont les options de traitement ?

Des études antérieures ont montré que les femmes atteintes de ménopause précoce et d’insuffisance ovarienne prématurée reçoivent souvent des soins de santé inadéquats. Il existe une grande disparité dans la qualité des soins prodigués. Afin d’aider les professionnels de santé à fournir des soins conformes aux meilleures pratiques, des directives fondées sur des preuves ont été mises à jour en 2024, incluant 145 recommandations pour la prise en charge de la ménopause précoce et de l’insuffisance ovarienne prématurée. Ces nouvelles directives constituent une référence essentielle.

L’hormonothérapie substitutive (THS), qui vise à remplacer les œstrogènes manquants (et la progestérone si l’utérus est toujours présent), est le pilier du traitement pour les femmes souffrant d’insuffisance ovarienne prématurée et de ménopause précoce.

Les femmes ayant subi une ménopause chirurgicale ou souffrant d’insuffisance ovarienne prématurée peuvent envisager une THS pour soulager leurs symptômes et protéger leurs os. Cependant, la THS est contre-indiquée en cas de certains problèmes de santé, tels que les cancers du sein hormonosensibles. Des études ont précisé les contre-indications à la THS.

Il est essentiel de discuter avec un professionnel de santé des bénéfices et des risques de la THS en fonction de votre situation personnelle.

D’autres options thérapeutiques incluent :

  • L’œstrogène vaginal, qui peut soulager la sécheresse vaginale.
  • La thérapie cognitivo-comportementale (TCC), qui peut aider à gérer les bouffées de chaleur, les troubles du sommeil et les fluctuations de l’humeur.

Bien que la phytothérapie chinoise puisse atténuer les symptômes de la ménopause chez certaines femmes, il n’existe pas suffisamment de preuves scientifiques pour recommander son utilisation dans la prise en charge de l’insuffisance ovarienne prématurée. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour évaluer son efficacité.

Les professionnels de santé doivent informer les patientes des symptômes et des risques potentiels de la ménopause chirurgicale et de l’insuffisance ovarienne prématurée avant de commencer tout traitement susceptible de provoquer ces affections. Les options permettant de minimiser ces risques et de préserver la fertilité doivent également être discutées, et une orientation vers un spécialiste peut être nécessaire.

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.