Publié le 7 décembre 2023 19:33:00. Une nouvelle étude scientifique suggère qu’un mélange spécifique d’acides aminés, composants clés du collagène, pourrait influencer le processus de vieillissement et améliorer la santé en général, ouvrant des perspectives intéressantes dans le domaine de la longévité.
- Un rapport précis de glycine, proline et hydroxyproline (3:1:1) semble particulièrement efficace pour prolonger la durée de vie et maintenir la mobilité chez des organismes modèles.
- Des essais sur des souris ont révélé une amélioration de la force musculaire et une réduction de la graisse viscérale grâce à ce même mélange d’acides aminés.
- Une étude observationnelle sur des adultes en bonne santé a montré une diminution moyenne de l’âge biologique de 1,37 an après six mois de supplémentation.
Le collagène, protéine essentielle à la structure du corps humain, joue un rôle crucial dans l’élasticité de la peau, la stabilité des tissus conjonctifs, ainsi que dans la santé des muscles et des os. Avec l’âge, la production naturelle de collagène diminue, avec une baisse d’environ 1 à 1,5 % par an. Cette diminution se traduit souvent par une perte d’élasticité, de force et de capacité de régénération, ce qui explique la popularité croissante des compléments alimentaires à base de collagène.
Une équipe de chercheurs dirigée par Collin Y. Ewald s’est penchée sur la question de savoir quels composants du collagène pourraient avoir un impact significatif sur le vieillissement. Leurs travaux, publiés dans la revue « npj Aging », suggèrent que trois acides aminés en particulier – la glycine, la proline et l’hydroxyproline – pourraient influencer l’âge biologique lorsqu’ils sont combinés dans un rapport précis.
Les premières expériences ont été menées sur des nématodes de l’espèce « C. elegans », un organisme modèle fréquemment utilisé dans la recherche sur le vieillissement. Un mélange avec un ratio de 3:1:1 (trois parts de glycine, une part de proline et une part d’hydroxyproline) s’est avéré particulièrement prometteur. Les vers traités ont vécu plus longtemps et ont conservé une meilleure mobilité avec l’âge. Il est important de noter que l’administration individuelle de ces acides aminés n’a pas produit le même effet.
Des résultats encourageants ont également été observés lors d’un essai de six mois mené sur des souris âgées. Les animaux traités avec le mélange d’acides aminés ont présenté une amélioration de leur force de préhension et une réduction de la graisse viscérale, sans modification significative de leur poids corporel ou de leur état de santé général. Les chercheurs n’ont signalé aucun effet indésirable majeur.
Pour comprendre l’impact de ces acides aminés au niveau moléculaire, l’équipe a étudié les cellules de la peau humaine. Après seulement 8 à 24 heures d’exposition au mélange, les cellules ont augmenté leur production de collagène et d’autres protéines essentielles au maintien d’un tissu conjonctif solide. Cette augmentation de l’activité cellulaire suggère que le mélange pourrait stimuler les mécanismes de régénération.
En parallèle, une étude observationnelle de six mois a été menée sur 66 adultes en bonne santé. Les participants ont quotidiennement consommé un complément alimentaire d’un fabricant suisse contenant la combinaison d’acides aminés. Les résultats, bien qu’appelant à la prudence, sont notables : l’âge biologique mesuré a diminué en moyenne de 1,37 an, et dans certains cas, jusqu’à douze ans. L’étude a également révélé une amélioration de la structure, de l’hydratation et de l’élasticité de la peau après le premier mois de supplémentation. Environ 6 % des participants ont interrompu l’étude en raison d’effets secondaires mineurs tels que des rougeurs cutanées ou des troubles gastro-intestinaux.
Bien que ces résultats soient prometteurs, les chercheurs soulignent la nécessité de mener des études plus approfondies. L’étude humaine n’était pas contrôlée par placebo, les participants étaient conscients de prendre un produit anti-âge, et le groupe était relativement jeune, en bonne santé et bien éduqué, ce qui limite la généralisation des conclusions. De plus, le mécanisme précis par lequel le rapport 3:1:1 pourrait activer des signaux bénéfiques dans l’organisme reste à élucider.
Les auteurs de l’étude insistent sur le fait que des recherches supplémentaires, notamment des essais randomisés et contrôlés, sont indispensables pour confirmer si les effets observés sont réellement attribuables au mélange d’acides aminés. Ils estiment que cette formule pourrait représenter un point de départ potentiel pour de nouvelles approches en matière de longévité, c’est-à-dire la prolongation d’une vie en bonne santé.