Publié le 25 octobre 2025 à 15h45. Si les vitamines sont souvent perçues comme des alliées de la santé, de nouvelles études mettent en garde contre un apport excessif, susceptible d’augmenter le risque de cancer, notamment du poumon.
- Un apport trop important en vitamine B12 peut favoriser la croissance de cellules cancéreuses existantes.
- La Société allemande du cancer recommande de ne pas se supplémenter en vitamines sans avis médical préalable.
- Les antioxydants, présents dans certains compléments alimentaires, pourraient paradoxalement nourrir le développement tumoral.
Longtemps vantées pour leurs bienfaits, les vitamines sont désormais scrutées à la loupe. Si une alimentation équilibrée, riche en vitamines, est reconnue pour contribuer à la prévention de certaines maladies, dont le cancer, un excès peut s’avérer contre-productif. L’idée reçue selon laquelle « plus on en prend, mieux c’est » est donc à nuancer.
Une étude publiée en 2019 a révélé un lien entre des doses élevées de vitamine B12 et un risque accru de cancer du poumon. La Société allemande du cancer précise sur son portail internet que la vitamine B12 en elle-même ne provoque pas le cancer, mais qu’elle peut accélérer la croissance des cellules cancéreuses déjà présentes. Il est donc crucial de déterminer son taux de vitamine B12 par un bilan sanguin avant d’envisager une supplémentation. Les effets de la vitamine B12 font encore l’objet de recherches approfondies.
D’autres travaux, notamment ceux publiés en 2023 dans le Journal of Clinical Investigation, suggèrent que la prise de compléments vitaminés pourrait également augmenter le risque de développer une tumeur maligne au niveau des poumons. En particulier, les vitamines A, C et E – des antioxydants – pourraient activer un mécanisme bénéficiant aux cellules cancéreuses. Ces antioxydants, bien que bénéfiques pour la santé de la peau, des dents, des gencives, des os et des vaisseaux sanguins, pourraient donc avoir des effets pervers en cas de surdosage.
Selon la Société allemande du cancer, les tumeurs cancéreuses utiliseraient les vitamines pour former de nouveaux vaisseaux sanguins, favorisant ainsi leur croissance et leur développement. Si les antioxydants présents dans les fruits et légumes ne posent pas de problème, il est préférable d’éviter les compléments alimentaires concentrés, tels que les pilules, les gouttes ou les boissons vitaminées, surtout face aux promesses marketing souvent exagérées de nombreux fabricants. Le marché des promesses de santé est en plein essor.
La Société allemande du cancer estime qu’une supplémentation en vitamines n’est justifiée que dans des situations particulières, comme pendant la grossesse ou en cas de maladie affectant l’absorption de certaines substances, telles que la vitamine D ou le calcium. Un excès de calcium peut également être nocif. En Allemagne, cette recommandation ne concerne qu’un nombre limité de vitamines et de minéraux. Un apport excessif peut donc être dangereux et même augmenter le risque de cancer, avertit la Société allemande du cancer.
