Publié le 26 octobre 2024. Si un régime riche en vitamines est souvent perçu comme bénéfique pour la santé, de nouvelles études mettent en garde contre un apport excessif, susceptible d’augmenter le risque de certains cancers.
- Un apport trop important en vitamine B12 peut favoriser la croissance de cellules cancéreuses existantes, notamment dans le cas du cancer du poumon.
- Des antioxydants, comme les vitamines A, C et E, pourraient paradoxalement stimuler le développement tumoral en favorisant la formation de nouveaux vaisseaux sanguins.
- La Société allemande du cancer recommande de ne recourir à des suppléments vitaminiques qu’en cas de besoins spécifiques et après avis médical.
Les vitamines sont des éléments essentiels au bon fonctionnement de l’organisme et sont généralement considérées comme bénéfiques pour la santé. Certaines recherches suggèrent même qu’elles pourraient jouer un rôle préventif contre le cancer et d’autres maladies graves. Cependant, l’organisme ne peut généralement pas les produire lui-même et doit les obtenir par l’alimentation, par exemple en consommant des fruits et légumes frais.
L’idée que « plus on en prend, mieux c’est » ne s’applique pas aux vitamines. Un apport excessif, notamment via des compléments alimentaires, peut entraîner des effets indésirables, voire dangereux. Des surdoses peuvent avoir des conséquences graves sur la santé, et certaines vitamines, paradoxalement, peuvent augmenter le risque de développer certains cancers.
Un régime alimentaire équilibré, riche en vitamines, est effectivement un moyen efficace de réduire le risque de cancer. Une consommation adéquate de vitamine D, par exemple, pourrait, selon le Centre allemand de recherche sur le cancer, réduire la mortalité liée au cancer de 12 %.
Toutes les vitamines ne fonctionnent cependant pas de la même manière. L’espoir qu’augmenter l’apport en vitamines et en substances antioxydantes puisse prévenir le cancer n’est pas toujours fondé. Les experts soulignent que les mécanismes d’action et les effets des antioxydants sur l’organisme ne sont pas encore entièrement connus.
La Société allemande du cancer recommande de ne recourir à des suppléments vitaminiques que dans des situations particulières, telles qu’une grossesse ou une maladie affectant l’absorption de certaines substances, comme la vitamine D ou le calcium. Un apport excessif, avertit la Société allemande du cancer, peut être nocif et même augmenter le risque de cancer.
Cancer du poumon : cette vitamine augmente le risque
Une étude publiée en 2019 a révélé un risque accru de cancer du poumon en cas de doses trop élevées de vitamine B12. La Société allemande du cancer précise que la vitamine B12 ne provoque pas directement le cancer, mais qu’elle peut stimuler la croissance des cellules cancéreuses existantes en cas de surdosage.
Il est donc recommandé de faire doser sa vitamine B12 avant d’envisager une supplémentation et de consulter un médecin. L’effet de la vitamine B12 fait encore l’objet de recherches.
Une autre étude, publiée en 2023 dans le Journal of Clinical Investigation, suggère que l’apport en vitamines pourrait également favoriser le développement de tumeurs pulmonaires. Il s’agit notamment des vitamines A, C et E, des antioxydants.
Risque de cancer : c’est ainsi que les vitamines utilisent la tumeur
Selon cette étude, les tumeurs cancéreuses formeraient de nouveaux vaisseaux sanguins grâce aux vitamines, ce qui leur permettrait de se nourrir plus efficacement et de se développer plus rapidement. Les antioxydants présents dans les aliments, tels que les fruits et légumes, ne posent pas de problème. En revanche, il est préférable d’éviter les compléments alimentaires sous forme de pilules, de gouttes ou de boissons vitaminées, surtout face aux publicités mensongères de nombreux fabricants.
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