Home NouvellesC’est ainsi que la gauche veut sauver l’Allemagne en tant que site automobile

C’est ainsi que la gauche veut sauver l’Allemagne en tant que site automobile

by Nicolas Lefèvre

À l’approche du sommet automobile organisé à la Chancellerie, la gauche allemande réclame un investissement public massif de 20 milliards d’euros par an pour accompagner la transition de l’industrie automobile et de ses sous-traitants. Le parti propose un plan en dix points visant à préserver l’emploi et à garantir une restructuration respectueuse de l’environnement.

Selon Ines Schwerdtner, leader du parti de gauche, ce sommet risque de se limiter à une simple vitrine pour les dirigeants d’entreprises. Elle critique le manque de stratégies prospectives développées par les constructeurs automobiles au cours des dernières décennies.

La proposition phare de la gauche est la création d’un fonds de transformation doté de 20 milliards d’euros annuels. Cet argent serait destiné aux entreprises qui s’engagent à maintenir les emplois et les sites de production, à verser des salaires décents et à respecter les conventions collectives. Aucune prime ne serait versée aux membres des conseils d’administration ou aux dirigeants des entreprises bénéficiant de ces fonds publics.

Pour assurer une transition juste et efficace, le parti propose également la mise en place de « conseils de transformation » aux niveaux fédéral et régional. Ces instances, composées de représentants des syndicats, des comités d’entreprise, du monde scientifique et de la société civile, auraient un rôle consultatif dans toutes les décisions d’investissement majeures.

La gauche insiste également sur la nécessité de rendre la mobilité électrique accessible à tous. Elle propose un « modèle de leasing social » pour les petites et compactes voitures électriques, destiné aux ménages à revenus modestes et intermédiaires. L’État contribuerait aux frais de location afin de rendre ces véhicules plus abordables. Les primes à l’achat seraient limitées aux véhicules 100 % électriques et modulées en fonction des revenus.

En outre, le parti souhaite encourager l’utilisation de batteries produites dans l’Union européenne, en accordant un bonus pour les véhicules qui en sont équipés. Il préconise également la fixation de quotas pour l’utilisation d’acier et d’aluminium verts produits en Europe, afin de renforcer la création de valeur régionale. Enfin, la gauche plaide pour une plus grande prise en compte de l’électromobilité dans les achats de flottes par les municipalités et les institutions publiques, afin de stimuler la demande.

« Sans un programme d’urgence coordonné par l’État, la transformation échouera. L’État doit diriger les investissements, fournir des instruments de crise et fixer les conditions dans lesquelles l’industrie peut devenir durable », a déclaré le parti.

Selon Ines Schwerdtner, « des sites de production entiers sont en danger, les chaînes d’approvisionnement s’effondrent, des régions perdent leur puissance économique ». Elle souligne que sauver l’Allemagne en tant que pôle automobile n’est possible qu’avec un « changement socialement juste et écologiquement nécessaire, la protection des salariés et la garantie de l’emploi étant la priorité absolue ».

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