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C’est ainsi que vit et cuisine la Suisse

by Nicolas Lefèvre

Publié le 27 octobre 2025 à 14h06. Une étude menée par Ikea et l’institut Sotomo révèle que, pour la majorité des Suisses, le foyer reste un lieu privilégié, mais que les habitudes de vie et les attentes en matière de partage de l’espace évoluent.

  • Près de la totalité des Suisses apprécient de passer du temps chez eux, et huit personnes sur dix l’apprécient même beaucoup.
  • La propreté et l’ordre sont des sources de tensions fréquentes au sein des foyers suisses, notamment en ce qui concerne la répartition des tâches ménagères.
  • Les habitudes en matière de réception des invités sont en mutation, avec une préférence pour les visites planifiées et une attention particulière portée à la propreté avant leur arrivée.

Comment les Suisses vivent-ils réellement ? Comment utilisent-ils et aménagent-ils leurs espaces de vie ? Quelle est leur satisfaction à la maison, et comment s’organise la cohabitation ? Autant de questions auxquelles tente de répondre une enquête représentative menée auprès de 1 843 personnes à travers la Suisse, entre le 17 avril et le 5 mai, en collaboration entre le fabricant de meubles Ikea et l’institut de recherche d’opinion Sotomo.

L’attachement au domicile est indéniable. L’étude confirme que les Suisses aiment être chez eux, une préférence particulièrement marquée en milieu rural. Si les zones urbaines offrent un environnement dynamique avec des espaces publics, des restaurants et des offres culturelles, elles se caractérisent également par une plus faible proportion de propriétaires et un espace habitable par habitant plus restreint.

Le salon et la salle à manger sont les pièces les plus prisées, réunissant plus de 90 % des préférences. La cuisine et la chambre à coucher, bien que des lieux de vie importants, sont moins souvent citées comme des espaces favoris. Lors de l’aménagement intérieur, l’atmosphère chaleureuse et le confort sont prioritaires pour plus de quatre personnes interrogées sur cinq, tandis que la fonctionnalité est essentielle pour deux tiers d’entre elles.

Les personnes vivant seules ont tendance à considérer leur intérieur comme une expression de leur propre style et de leur personnalité, ce qui est logique compte tenu de l’absence de compromis à trouver. En revanche, dans les foyers partagés, l’aménagement doit tenir compte des goûts et des préférences de chacun.

Le salon est le lieu privilégié pour les conversations, mais aussi pour les disputes. La cuisine arrive en deuxième position, ce qui s’explique par le fait que les conflits domestiques portent souvent sur l’ordre et la propreté, des enjeux particulièrement présents dans cet espace. L’étude révèle que près des trois quarts des Suisses accordent une grande importance à la propreté et à l’ordre dans leur foyer.

La répartition des tâches ménagères est une source de tension dans plus de la moitié des foyers, au moins une fois par mois. La propreté et l’hygiène sont les deuxième sujets de conflit les plus courants. Les femmes ont tendance à se sentir plus responsables de l’organisation de la vie quotidienne que les hommes, une situation que l’on pourrait qualifier de « charge mentale ». Deux tiers des femmes estiment assumer principalement cette responsabilité, tandis que six hommes sur dix pensent qu’elle est partagée.

En ce qui concerne les tâches spécifiques, des divergences d’appréciation apparaissent. Les hommes et les femmes ont tendance à surestimer leur propre contribution, mais s’accordent sur le fait que la lessive est traditionnellement du ressort des femmes, tandis que les réparations sont plutôt confiées aux hommes.

La cuisine est avant tout un lieu de préparation des repas, et les équipements doivent donc être fonctionnels. Cuisiner soi-même reste une pratique courante, motivée par des considérations de santé, de maîtrise des ingrédients et de plaisir personnel. Les Suisses se répartissent en trois catégories : les cuisiniers pour le plaisir, les cuisiniers conscients et les cuisiniers pragmatiques. Les femmes sont plus souvent classées dans la catégorie « consciente », tandis que les hommes privilégient davantage le plaisir et le partage.

Les règles de bienséance à table sont importantes pour la majorité des Suisses : plus de la moitié des personnes interrogées désapprouvent les couinements et les sirotages, et quatre personnes sur dix considèrent que l’utilisation du téléphone portable est proscrite.

Les visites sont moins fréquentes qu’autrefois. Plus de la moitié des foyers suisses reçoivent des invités moins d’une fois par mois, et les nuitées sont rares. Les visites sont généralement planifiées à l’avance, et la propreté est une priorité avant l’arrivée des invités : plus de neuf personnes sur dix nettoient leur intérieur en conséquence.

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