Home SantéC’est pourquoi les femmes souffrent plus souvent de la maladie d’Alzheimer ou de la SEP que les hommes

C’est pourquoi les femmes souffrent plus souvent de la maladie d’Alzheimer ou de la SEP que les hommes

by Sophie Martin

Publié le 21 octobre 2025 07h18. Les femmes présentent un risque significativement plus élevé de développer la maladie d’Alzheimer ou la sclérose en plaques (SEP) que les hommes, et des recherches récentes mettent en lumière le rôle d’un gène spécifique dans cette disparité.

  • Un gène, Kdm6a, situé sur le chromosome X, est identifié comme un facteur clé de l’inflammation cérébrale, plus importante chez les femmes.
  • Des tests sur des souris atteintes de SEP montrent une amélioration significative de la maladie après l’inhibition du gène Kdm6a chez les femelles, mais pas chez les mâles.
  • Des pistes thérapeutiques, incluant la metformine et l’estriol, sont explorées pour atténuer les effets de ce gène et protéger le cerveau féminin.

Des études récentes révèlent que le gène Kdm6a, présent sur le chromosome X, joue un rôle crucial dans la régulation des processus inflammatoires au sein du cerveau. Les femmes, possédant deux chromosomes X contre un seul pour les hommes, présentent donc une activité inflammatoire cérébrale deux fois plus importante. Cette inflammation accrue pourrait contribuer au vieillissement du cerveau et à l’apparition de maladies neurodégénératives telles que la maladie d’Alzheimer et la SEP.

La Dre Rhonda Voskuhl, de l’UCLA, et son équipe ont mené des expériences sur des souris atteintes de SEP. En désactivant génétiquement le gène Kdm6a, ils ont observé une amélioration notable de la maladie chez les souris femelles, mais un effet limité chez les mâles. La chercheuse explique :

« Cela correspond à l’idée qu’il y a davantage de blocages chez les femmes, car elles possèdent deux copies du gène lié au chromosome X. »

Dre Rhonda Voskuhl, UCLA

Les statistiques sont alarmantes : une femme sur trois est touchée par la démence, contre un homme sur sept. Avec le vieillissement de la population, on s’attend à une augmentation significative du nombre de cas de démence dans les années à venir.

Selon la Dre Voskuhl, cette différence entre les sexes s’explique par une interaction complexe entre le chromosome X et les hormones. Elle souligne que, au cours de l’évolution, un équilibre s’est établi entre ces éléments. Chez les femmes, le chromosome X s’exprime plus librement dans le cerveau. Elle compare ce phénomène à un compromis :

« Un système immunitaire actif dans le cerveau est bénéfique chez les jeunes femmes pour survivre aux infections et assurer les soins de leur progéniture. Mais la même hyperactivité rend les femmes plus âgées plus vulnérables une fois que les œstrogènes protecteurs disparaissent. »

Dre Rhonda Voskuhl, UCLA

Plusieurs pistes thérapeutiques sont à l’étude. La metformine, un médicament couramment utilisé pour traiter le diabète, pourrait présenter un intérêt pour les personnes atteintes de SEP ou d’autres troubles cérébraux. Cependant, la Dre Voskuhl insiste sur la nécessité de mener des études spécifiques auprès des femmes, et sous surveillance médicale. Par ailleurs, une approche basée sur l’hormonothérapie, visant à préserver l’effet protecteur des œstrogènes, est également envisagée. L’utilisation de patchs d’œstrogènes est courante, mais ils ne sont pas spécifiquement conçus pour protéger le cerveau et peuvent présenter des risques.

Une alternative prometteuse est l’estriol, qui a montré un effet protecteur sur les femmes atteintes de SEP après douze mois de traitement. Il est désormais réutilisé chez les femmes souffrant de « brouillard cérébral » lié à la ménopause, et pourrait également avoir un potentiel préventif contre la maladie d’Alzheimer.

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