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«C’est un moment très dangereux pour tout le monde» – DiePresse.com

by Clara Dubois

Publié le 24 novembre 2023 18:15. L’annonce d’un plan de paix pour l’Ukraine par l’équipe de Donald Trump a suscité une onde de choc en Europe, prenant au dépourvu les dirigeants européens et la Commission européenne, qui réaffirment leur soutien à Kiev et rejettent toute concession territoriale à la Russie.

  • Les dirigeants européens ont réaffirmé leur unité et leur soutien à l’Ukraine, insistant sur le fait que toute solution doit être décidée en concertation avec Kiev.
  • L’Union européenne et les États-Unis ont exprimé leur engagement envers la souveraineté de l’Ukraine et la nécessité de lui fournir des garanties de sécurité solides.
  • Des divergences d’opinion émergent quant à la manière d’aborder les propositions américaines, avec une inquiétude exprimée par la haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité.

L’Europe se retrouve une fois de plus sur la défensive face aux initiatives américaines concernant le conflit en Ukraine. Le plan en 28 points visant à « résoudre » la guerre lancée par la Russie a pris de court les instances européennes, de la Commission européenne aux chefs d’État et de gouvernement les plus influents. Un consensus minimal s’est dégagé vendredi après-midi : aucune décision ne doit être prise sans l’accord des Européens et du gouvernement ukrainien.

Vendredi, le chancelier allemand, Frédéric Merz, le président français, Emmanuel Macron, et le Premier ministre britannique, Keir Starmer, ont eu une conversation téléphonique avec le président ukrainien, Volodymyr Zelensky. Les détails de cet échange n’ont pas été divulgués. Cependant, un porte-parole du gouvernement allemand a déclaré par écrit que les trois dirigeants européens « ont promis leur soutien continu et total à l’Ukraine sur la voie d’une paix juste et durable ».

Ils « ont salué les efforts des États-Unis pour mettre fin à la guerre en Ukraine » et « en particulier l’engagement en faveur de la souveraineté de l’Ukraine et leur volonté de fournir à l’Ukraine de solides garanties de sécurité ». L’Ukraine continuera de bénéficier d’un « soutien total sur la voie d’une paix juste et durable », et ses forces armées doivent « rester capables de défendre efficacement la souveraineté de l’Ukraine » afin de permettre à l’alliance pro-ukrainienne « de continuer à poursuivre l’objectif de protection des intérêts vitaux européens et ukrainiens sur le long terme ». Cette position peut être interprétée comme un rejet implicite de la demande russe de réduire l’armée ukrainienne à 600 000 hommes.

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, a commenté avec prudence l’initiative américaine.

« Je considère toujours cela comme une liste de questions qui doivent être discutées de toute urgence entre l’Ukraine et la Russie »

Johann Wadephul, ministre allemand des Affaires étrangères

Il a souligné la nécessité pour l’Ukraine de pouvoir négocier dans une position de force, précisant que le gouvernement de Kiev doit décider des compromis qu’il est prêt à accepter.

« Nous ne sommes pas des arbitres ici, mais nous sommes les défenseurs de l’Ukraine, car l’Ukraine défend sa liberté et celle de l’Europe. »

Johann Wadephul, ministre allemand des Affaires étrangères

La haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Kaja Kallas, a exprimé une inquiétude beaucoup plus vive.

« C’est un moment très dangereux pour tout le monde. Nous voulons tous que cette guerre prenne fin, mais la question dépend de la manière dont elle se terminera. La Russie n’a aucun droit à des concessions de la part du pays qu’elle a envahi. En fin de compte, c’est à l’Ukraine de décider des termes d’un accord. »

Kaja Kallas, haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité

Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, et Antonio Costa, président du Conseil européen, ont participé vendredi au sommet du G20 à Johannesburg. Ils n’ont fait aucune déclaration substantielle concernant le plan Trump, si ce n’est que von der Leyen a indiqué qu’elle souhaitait en discuter avec tous les partenaires.

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