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“C’est un objet qui ne s’est pas formé dans notre système solaire”

by Thomas Caron

Publié le 29 octobre 2025 07:09:00. Une comète interstellaire, la troisième jamais observée, fascine les scientifiques. Son approche du Soleil offre une occasion unique d’étudier la matière provenant d’un autre système stellaire, tout en alimentant des spéculations sur son origine.

  • La comète 3I/Atlas, découverte le 1er juillet, s’approche du Soleil à environ 210 millions de kilomètres.
  • Des éléments inhabituels, comme de la vapeur de nickel, ont été détectés dans sa composition.
  • Un astrophysicien de Lleida travaillant pour la NASA, Kacper Wierzchos, souligne qu’il n’existe aucune preuve d’une origine artificielle de cette comète.

La comète 3I/Atlas, repérée pour la première fois le 1er juillet dernier, suscite un vif intérêt dans la communauté scientifique. Il s’agit seulement du troisième objet interstellaire confirmé à ce jour, après 1I/Oumuamua en 2017 et 2I/Borisov en 2019. Actuellement, elle se rapproche du Soleil, atteignant une distance d’environ 210 millions de kilomètres, et fait l’objet d’une étude approfondie par la NASA et d’autres organisations internationales.

Kacper Wierzchos, astrophysicien originaire de Lleida et travaillant sur un programme de défense planétaire de la NASA depuis l’Arizona, explique les particularités de ce phénomène. « C’est un objet qui ne s’est pas formé dans notre système solaire, mais qui vient d’un autre », a-t-il déclaré à SEGRE. Cependant, il précise que la comète présente des similitudes avec les comètes de notre propre système solaire, notamment « une enveloppe gazeuse appelée coma et une petite queue ».

L’analyse de la composition de 3I/Atlas a révélé la présence de composants communs, tels que le dioxyde de carbone, que l’on retrouve dans la plupart des comètes de notre système solaire. Mais des éléments plus rares, comme de la vapeur de nickel, ont également été détectés, ce qui intrigue les chercheurs.

L’origine de cette comète a également suscité des spéculations, notamment quant à une éventuelle origine artificielle. Wierzchos aborde directement cette controverse, soulignant que « la société, en raison d’une certaine ignorance scientifique, a une prédisposition à chercher des explications exotiques à ce qu’elle ne comprend pas ». Il attribue ces spéculations à Avi Loeb, un scientifique de Harvard qui avait émis l’hypothèse que le premier objet interstellaire découvert en 2017, 1I/Oumuamua, pourrait être d’origine extraterrestre.

« Elle présente des similitudes avec une comète du système solaire »

Kacper Wierzchos, astrophysicien de la NASA

La NASA prévoit de poursuivre l’étude de cette comète au cours des prochains mois afin de mieux comprendre sa composition et ses propriétés. Les comètes interstellaires sont extrêmement rares, et chaque observation offre des informations précieuses sur la formation et l’évolution des systèmes stellaires lointains. 3I/Atlas se déplace sur une orbite hyperbolique à une vitesse d’environ 221 000 kilomètres par heure, ce qui la ramènera finalement dans l’espace interstellaire. Son bref passage à travers notre système solaire constitue donc une occasion unique pour les astronomes d’étudier la matière formée autour d’une étoile lointaine.

Kacper Wierzchos, fils de scientifiques, a vécu à Lleida entre l’âge de cinq et dix-huit ans, étudiant à Guindàvols. Il a même donné son nom à l’un des astéroïdes qu’il a découverts, en l’honneur de son professeur qui a éveillé sa vocation, Anicet Cosialls, comme le rapporte la dernière édition de la revue Vint-i-dos. Docteur en astrophysique, Wierzchos consacre désormais ses recherches à un programme de défense planétaire pour la NASA.

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