Home Santé« Cette année a été un tournant dans le traitement »

« Cette année a été un tournant dans le traitement »

by Sophie Martin

Publié le 23 novembre 2025 à 07h00. Le cancer du poumon demeure la première cause de décès par cancer dans le monde, et la Turquie ne fait pas exception. Des avancées scientifiques prometteuses, présentées lors du congrès mondial sur le cancer du poumon à Barcelone, ouvrent de nouvelles perspectives de traitement, notamment grâce à des thérapies ciblées et l’immunothérapie.

  • Le cancer du poumon est responsable d’un décès sur trois en Turquie.
  • La pollution atmosphérique est désormais reconnue comme un facteur de risque majeur, en plus du tabagisme.
  • De nouvelles approches thérapeutiques, comme les conjugués anticorps-médicament, améliorent les taux de réponse et la survie des patients.

Le cancer du poumon continue de représenter un défi majeur de santé publique. Selon les données de 2022, environ 2,5 millions de personnes dans le monde ont été diagnostiquées avec cette maladie, ce qui représente 12 % de tous les cas de cancer. Près d’un cinquième des décès liés au cancer à l’échelle mondiale sont attribués au cancer du poumon. En Turquie, environ 41 000 nouveaux cas sont détectés chaque année, faisant de ce type de cancer le plus répandu dans le pays et la cause d’un décès sur trois lié au cancer.

Si le tabagisme reste le principal facteur de risque, responsable d’environ 70 % des cas, une étude internationale récente a mis en évidence l’impact croissant de la pollution de l’air. Les fines particules de poussière (PM2,5) présentes dans l’air que nous respirons augmentent significativement le risque de développer un cancer du poumon, en particulier chez les personnes exposées à d’autres substances nocives telles que le radon, l’amiante, la silice, les gaz d’échappement des moteurs diesel et la fumée de soudage.

Les avancées présentées lors du Congrès mondial sur le cancer du poumon (IASLC 2025), qui s’est tenu à Barcelone du 6 au 9 septembre, offrent un nouvel espoir aux patients. Le professeur Mustafa Özdoğan, président du Memorial Göztepe Cancer Center, a souligné l’importance de personnaliser les traitements en fonction de la structure génétique unique de la tumeur de chaque patient.

« Nous considérons désormais le cancer du poumon non pas comme une maladie unique, mais comme une famille de maladies composées de différents sous-groupes génétiques », a-t-il expliqué. Cette approche a notamment permis des progrès significatifs dans le traitement du cancer du poumon EGFR positif, où l’association de médicaments intelligents et de chimiothérapie a démontré une amélioration des taux de réponse.

Les conjugués anticorps-médicament (AIC), une nouvelle génération de traitements, se distinguent par leur capacité à cibler précisément les cellules tumorales et à y délivrer directement des substances chimiothérapeutiques. Ces médicaments, ciblant les protéines TROP2 et HER3, ont permis d’observer un rétrécissement des tumeurs et une augmentation de la durée de vie des patients.

L’immunothérapie, autrefois réservée aux patients à un stade avancé, est désormais également utilisée pour traiter le cancer du poumon à un stade précoce. Cette approche permet d’obtenir une réduction significative de la tumeur avant l’intervention chirurgicale, et dans environ 20 % des cas, la tumeur peut même disparaître complètement grâce à la combinaison de l’immunothérapie et de la chimiothérapie.

Un autre défi majeur, la propagation de la maladie au cerveau, est désormais mieux adressé grâce à de nouveaux médicaments ciblés qui peuvent traverser la barrière hémato-encéphalique. Les études de cette année ont montré que ces médicaments, utilisés chez les patients porteurs des gènes EGFR, ALK et ROS1 positifs, atteignent des taux de réponse allant jusqu’à 60 à 80 % dans les métastases cérébrales.

Le taletrectinib, approuvé cette année pour les patients présentant une mutation génétique appelée ROS1 (présente chez 1 à 2 % des cancers du poumon), est devenu la nouvelle norme thérapeutique, avec un taux de réponse supérieur à 80 % tant au niveau du corps que du cerveau.

Des études de combinaison prometteuses, associant l’immunothérapie et des médicaments ciblés sur KRAS, ou la chimiothérapie et des inhibiteurs de KRAS, ont également montré des résultats encourageants chez les patients présentant une mutation KRAS G12C (observée chez 12 à 14 % des patients). Ces combinaisons permettent de retarder la résistance au traitement et de prolonger le temps de réponse.

Des progrès sont également observés dans le traitement des patients présentant une mutation MET (3 à 4 % des cas), avec de nouveaux médicaments qui induisent une réduction tumorale de 30 à 40 % chez certaines personnes. Les études actuelles visent à identifier les patients qui bénéficieront le plus de ce traitement.

Enfin, les tests de biopsie liquide permettent désormais de détecter une récidive de la maladie 3 à 6 mois avant qu’elle ne soit visible sur les images radiologiques. Bien que cette technique ne soit pas encore systématique, elle devrait devenir un outil de surveillance important dans un avenir proche.

Les chercheurs insistent également sur l’importance d’adapter la durée du traitement à chaque patient, en évitant les traitements inutilement longs qui n’apportent aucun bénéfice. Le concept d’un traitement « individualisé, à un dosage suffisant et pendant une durée suffisante » a été mis en avant cette année.

Les données recueillies auprès de milliers de patients dans la pratique quotidienne confirment l’efficacité et la tolérabilité des nouvelles combinaisons thérapeutiques, ce qui démontre que les résultats de la recherche se traduisent avec succès dans la vie réelle.

Dépistage et symptômes

« Chaque année, environ 2,5 millions de personnes dans le monde sont touchées par le cancer du poumon (données 2022), ce qui représente 12 % des cas. Il reste le type de cancer le plus répandu et la principale cause de décès par cancer dans le monde, responsable de près d’un cinquième des décès liés au cancer. Environ 41 000 nouveaux cas sont détectés chaque année en Turquie. »

« Les facteurs environnementaux jouent un rôle plus important que la prédisposition génétique dans le développement du cancer du poumon. Selon l’Organisation mondiale de la santé, environ 70 % des cas sont liés au tabagisme. Une recherche internationale publiée cette année a révélé que la pollution de l’air, et plus précisément les fines particules de poussière (PM2,5), augmente le risque de cancer du poumon. Le risque est encore plus élevé chez les personnes exposées à des substances telles que le radon, l’amiante, la silice, les gaz d’échappement des moteurs diesel et la fumée de soudage. »

« Les symptômes de cette maladie incluent une toux persistante, des expectorations sanguinolentes, un essoufflement, une respiration sifflante, des douleurs thoraciques, une perte d’appétit, une perte de poids, une fatigue, un enrouement et des crises de pneumonie récurrentes. Un dépistage précoce grâce à une tomodensitométrie pulmonaire annuelle à partir de 50 ans peut permettre de détecter la maladie à un stade plus favorable. »

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