Publié le 2024-11-16. Une méthode simple et ancestrale, l’irrigation nasale à l’eau salée, se révèle étonnamment efficace pour soulager et raccourcir la durée des infections des voies respiratoires supérieures, selon de récentes études scientifiques.
- L’irrigation nasale réduit la durée des symptômes du rhume, tant chez l’adulte que chez l’enfant.
- Elle diminue la propagation du virus et peut limiter la consommation d’antibiotiques.
- Cette technique, peu coûteuse et accessible sans ordonnance, soulage également les allergies et les problèmes de sinus.
Face à la multiplication des infections respiratoires, notamment pendant la saison froide, une solution simple et économique gagne du terrain : l’irrigation nasale à l’eau salée. Longtemps considérée comme un remède de grand-mère, cette pratique millénaire est aujourd’hui validée par la science et recommandée par de nombreux professionnels de santé.
« Mes patients sont souvent sceptiques lorsque je recommande cette méthode. Mais presque tous reviennent me dire : ‘Ma vie a changé’ », témoigne un médecin généraliste qui utilise et enseigne cette technique au quotidien. L’eau salée ne se contente pas de déloger les virus, elle apaise également les allergies, la congestion chronique, l’écoulement post-nasal et les sinusites récurrentes.
Qu’est-ce que l’irrigation nasale ?
L’irrigation nasale consiste à nettoyer les cavités nasales avec une solution saline. Si certains optent pour des pulvérisateurs à pompe, d’autres préfèrent le pot Neti, un récipient traditionnel en forme de gourde, utilisé depuis le XVe siècle. Cette méthode trouve ses origines dans la médecine ayurvédique, une tradition indienne vieille de 5 000 ans. Aux États-Unis, elle a connu un regain de popularité en 2012 après avoir été présentée dans l’émission d’Oprah Winfrey par le Dr. Oz. Des pratiques similaires de nettoyage nasal étaient déjà employées par les médecins grecs et romains dans l’Antiquité.
Comment agit l’eau salée ?
L’efficacité de l’irrigation nasale repose sur trois mécanismes principaux :
Nettoyage physique : la solution saline élimine directement les mucosités, les croûtes, les virus, les allergènes et les polluants présents dans le nez.
Environnement défavorable : le pH de l’eau salée, plus faible que celui de l’eau douce, rend la multiplication virale plus difficile.
Soutien aux défenses naturelles : les cils microscopiques qui tapissent l’intérieur du nez et évacuent les particules étrangères fonctionnent de manière optimale en présence d’eau salée.
Que confirment les études scientifiques ?
Une vaste étude publiée dans la revue médicale The Lancet en 2024, portant sur plus de 11 000 personnes, a démontré que se rincer le nez six fois par jour dès l’apparition des premiers symptômes réduisait la durée de la maladie d’environ deux jours. D’autres études, de plus petite envergure, suggèrent même une réduction pouvant aller jusqu’à quatre jours.
Une recherche menée auprès de patients atteints de COVID-19 a révélé qu’une irrigation nasale toutes les quatre heures diminuait la charge virale de 8,9 %, tandis que celle-ci continuait d’augmenter dans le groupe témoin ne pratiquant pas d’irrigation.
Des méta-analyses ont également prouvé qu’un lavage nasal régulier diminuait la consommation de médicaments de 62 % dans le traitement de la rhinite allergique (rhume des foins). Il s’avère également efficace en cas de congestion chronique, d’écoulement post-nasal et de sinusite récurrente.
Réduire la prescription d’antibiotiques
Bien qu’il soit établi que les antibiotiques sont inefficaces contre le rhume, de nombreux patients insistent pour en obtenir une prescription. C’est ainsi qu’environ 10 millions d’antibiotiques inutiles sont prescrits chaque année en France. Le soulagement temporaire parfois ressenti avec les antibiotiques est en réalité dû à leurs effets secondaires anti-inflammatoires, un effet que l’on peut obtenir en toute sécurité avec des médicaments comme l’ibuprofène ou le naproxène. L’irrigation nasale contribue également à réduire l’inflammation.
Comment pratiquer l’irrigation nasale ?
Pour maximiser les bénéfices, il est conseillé de commencer dès les premiers signes de la maladie.
La préparation consiste à dissoudre une demi-cuillère à café de sel non iodé dans un verre d’eau (250 ml). L’eau doit être distillée ou préalablement bouillie pendant au moins 5 minutes, puis refroidie, afin d’éviter tout risque de contamination bactérienne ou parasitaire. L’ajout d’une pincée de bicarbonate de soude peut atténuer la sensation de brûlure.
Des sprays salins prêts à l’emploi ou des flacons rechargeables peuvent également être utilisés. Les études indiquent que les solutions plus concentrées en sel ne sont pas plus efficaces. Cependant, certaines recherches suggèrent que l’eau de mer naturelle pourrait offrir des avantages supplémentaires grâce à sa richesse en minéraux tels que le magnésium, le potassium et le calcium.
L’irrigation peut être répétée plusieurs fois par jour, idéalement le matin et le soir. Les gargarismes à l’eau salée peuvent également être pratiqués en complément.
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