Publié le 24 novembre 2025 16:04:00. Les traitements contre l’obésité, bien que prometteurs, ne constituent pas une solution durable : une étude récente révèle une reprise de poids significative chez les patients qui interrompent leur traitement, soulignant la nécessité d’une prise en charge à long terme.
- L’arrêt des médicaments contre l’obésité, comme le tirzépatide (Mounjaro), entraîne souvent une reprise de poids, parfois même supérieure au poids initial.
- Les bénéfices cardiovasculaires liés à la perte de poids induite par ces médicaments tendent à disparaître si le poids est repris.
- L’idée d’un traitement médicamenteux temporaire contre l’obésité est remise en question par les chercheurs.
Les médicaments de nouvelle génération contre l’obésité suscitent un engouement considérable, mais une étude publiée dans la revue JAMA met en garde contre un écueil majeur : la reprise de poids après l’arrêt du traitement. Les résultats confirment ce que suggéraient déjà des recherches antérieures sur des molécules similaires, et s’appliquent désormais au tirzépatide, commercialisé sous le nom de Mounjaro.
L’étude, financée par Eli Lilly, le laboratoire qui fabrique Mounjaro, a comparé un groupe de patients ayant suivi un traitement au tirzépatide pendant 36 semaines, avec une perte de poids d’au moins 10 % de leur masse corporelle, à un groupe témoin recevant un placebo pendant un an. L’analyse des données révèle qu’un tiers des participants ayant reçu le placebo ont repris entre la moitié et les trois quarts des kilos perdus. 74 d’entre eux ont même retrouvé leur poids initial, et un participant sur dix a pris davantage de poids qu’avant le début du traitement.
Cependant, tous les participants n’ont pas connu une reprise de poids : un sixième d’entre eux a repris moins d’un quart des kilos perdus. À l’inverse, ceux qui ont continué à prendre du Mounjaro ont continué à perdre du poids.
Tension artérielle et cholestérol
Les chercheurs ont particulièrement étudié l’impact de la reprise de poids sur la santé cardiovasculaire. Il est établi que la perte de poids chez les personnes obèses s’accompagne généralement d’une amélioration des taux de cholestérol, de la tension artérielle et de la glycémie. Mais des études antérieures ont montré que la reprise de plus d’un quart du poids perdu annule ces bénéfices. L’étude confirme cette observation : la majorité des patients ayant arrêté les injections hebdomadaires de Mounjaro ont vu leurs paramètres cardiovasculaires se détériorer.
Une étude complémentaire, également publiée lundi dans la revue JAMA, confirme ces résultats en examinant l’effet de l’arrêt des médicaments contre l’obésité sur le poids des femmes enceintes. Les femmes ayant utilisé un agoniste des récepteurs GLP-1 avant leur grossesse et ayant dû interrompre le traitement ont pris du poids pendant leur grossesse, comparativement à celles qui n’avaient pas suivi de traitement.
Une idée fausse
La question de la durée du traitement médicamenteux reste ouverte. Est-il moins problématique de prendre des médicaments à vie que de gérer les complications liées à l’obésité, telles que l’hypertension artérielle ? L’éditorial de la revue scientifique qualifie en tout cas d'”illusion” l’idée que l’on peut prendre des médicaments amaigrissants de manière temporaire.
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