Publié le 18 janvier 2026. Le travail et la résilience du peuple vénézuélien sont au cœur d’une exposition photographique à New York, fruit du travail du photographe Rome Arrieche, qui cherche à contrer les stéréotypes et à donner une voix à ceux qui sont trop souvent invisibles.
- Une exposition intitulée « CHAMBA : Portraits du peuple vénézuélien » a ouvert ses portes le 10 janvier au People’s Forum de New York.
- Le projet photographique vise à mettre en lumière la classe ouvrière vénézuélienne, souvent marginalisée dans les médias.
- L’exposition intervient dans un contexte de tensions géopolitiques, après des actions américaines récentes contre le Venezuela.
Le photographe vénézuélien Rome Arrieche a inauguré le 10 janvier à New York son projet photographique « CHAMBA : Portraits du peuple vénézuélien ». L’exposition, présentée au People’s Forum, est une tentative de redéfinir l’image du Venezuela, souvent réduite à des clichés de beauté et de richesse, et de rendre visible la réalité quotidienne de ses travailleurs.
Arrieche, qui a participé à l’inauguration par visioconférence, a expliqué à Venezuelanalysis que l’idée derrière « CHAMBA » était de donner une représentation authentique de la classe ouvrière vénézuélienne.
« Il existe une idée préconçue du Venezuela centrée sur la blancheur et les reines de beauté, mais nous sommes un pays très diversifié. Les pauvres et la classe ouvrière ont toujours été rendus invisibles dans les grands médias. »
Rome Arrieche, photographe
Le projet se décline en trois volets : un livre, l’exposition new-yorkaise et la vente d’impressions et de produits dérivés. Le titre « chamba », un terme d’argot vénézuélien signifiant « travail », est un hommage direct à la population qui a fait preuve de résilience face aux sanctions économiques imposées par les États-Unis. Arrieche a réalisé ses clichés dans différentes régions du Venezuela, dont certaines dans le cadre de l’initiative « Résistance communautaire Contre le blocus impérialiste » de l’Observatoire vénézuélien anti-blocus.
« J’ai toujours clairement indiqué que je dédie les photos que je prends aux travailleurs. C’est un hommage à la classe ouvrière. Je sors pour photographier mon peuple, celui qui refuse de se rendre. »
Rome Arrieche, photographe
Arrieche se considère comme partie intégrante de la réalité qu’il documente, une perspective qu’il juge rare au Venezuela.
« La photographie est ma forme d’activisme, de lutte contre le capital, contre l’oppression, contre l’impérialisme. »
Rome Arrieche, photographe
L’inauguration de l’exposition, qui a accueilli l’ambassadeur du Venezuela auprès des Nations unies, Samuel Moncada, a eu lieu quelques jours après des actions américaines contre le Venezuela, notamment des bombardements et, selon certaines sources, une tentative d’enlèvement du président Nicolás Maduro et de la Première dame Cilia Flores.
Arrieche estime que son travail est plus pertinent que jamais pour contrer les discours négatifs sur le Venezuela.
« Nous avons assisté à un discours fasciste stigmatisant les Vénézuéliens comme des criminels ou des trafiquants de drogue, notamment aux États-Unis. En ce moment clé de l’histoire, il est important de montrer au peuple vénézuélien tel qu’il est réellement : humble, travailleur et résilient. »
Rome Arrieche, photographe
L’exposition « CHAMBA : Portraits du peuple vénézuélien » sera visible jusqu’au 13 février au People’s Forum de New York (320 W 37th St). Rome Arrieche est également présent sur Instagram.
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