Publié le 26 novembre 2025 à 21h58. Une étude menée à Séville révèle que les lésions cérébrales associées à la schizophrénie se développent initialement dans des zones spécifiques avant de se propager à travers les réseaux neuronaux, ouvrant la voie à des traitements plus personnalisés.
- Des chercheurs de l’Université de Séville ont identifié des « épicentres » de dommages structurels dans le cerveau des patients schizophrènes.
- L’étude démontre une réduction de la similarité structurelle entre différentes régions cérébrales chez les patients, particulièrement ceux présentant des symptômes sévères.
- Ces découvertes suggèrent que la schizophrénie n’est pas caractérisée par des lésions isolées, mais par des changements progressifs au niveau des réseaux cérébraux.
Des recherches récentes de l’Université de Séville apportent un nouvel éclairage sur les altérations structurelles du cerveau observées chez les personnes atteintes de schizophrénie. L’étude, basée sur des techniques d’imagerie cérébrale avancées, met en évidence que les dommages ne se manifestent pas de manière uniforme, mais débutent dans des régions précises, notamment les zones d’association supérieures des lobes temporaux, le cortex cingulaire antérieur et l’insula. Ces zones semblent agir comme des points de départ, avant que les perturbations ne s’étendent aux réseaux neuronaux interconnectés.
Les chercheurs ont évalué la similarité structurelle entre différentes régions du cerveau des participants. Ils ont constaté que les patients schizophrènes présentaient une diminution significative de cette similarité, ce qui indique une dissociation morphologique importante. Cette dissociation est particulièrement marquée chez les patients présentant des symptômes plus graves et des troubles cognitifs, suggérant un lien étroit entre les changements structurels et la sévérité clinique de la maladie.
Un aspect clé de l’étude réside dans l’identification de ce que les chercheurs appellent les « épicentres » des dommages structurels. Ces régions, caractérisées par une forte densité d’astrocytes, une signalisation altérée de la dopamine et de la sérotonine, et une activité métabolique réduite, présentent les modifications morphologiques les plus importantes aux premiers stades de la maladie, par rapport aux individus neurotypiques. Ces observations soutiennent l’hypothèse selon laquelle les troubles psychiatriques, tels que la schizophrénie, ne se limitent pas à des lésions régionales isolées, mais impliquent des changements progressifs à l’échelle du réseau cérébral.
Les résultats de cette recherche pourraient contribuer au développement de biomarqueurs structurels permettant un diagnostic plus précoce et plus précis de la schizophrénie. Ils pourraient également ouvrir la voie à des stratégies thérapeutiques personnalisées, adaptées au profil biologique et clinique de chaque patient. L’objectif ultime est de développer des interventions ciblées qui agissent sur les mécanismes sous-jacents de la maladie, plutôt que de simplement traiter les symptômes.

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