Un cas de virus Ebola de la souche Bundibugyo a été confirmé à Abuja, au Nigeria, chez l’épouse d’un diplomate suisse. Alors que les autorités sanitaires enquêtent sur un possible croisement à l’aéroport d’Entebbe en Ouganda avec le premier cas enregistré au Kenya, la propagation régionale de cette épidémie soulève de vives inquiétudes.
L’arrivée du virus à Abuja et l’isolement de la patiente
Le Nigeria a confirmé son premier cas d’Ebola depuis plus d’une décennie après qu’une patiente a reçu un diagnostic positif dans la capitale, Abuja. L’individu touché est l’épouse d’un diplomate suisse, une ressortissante ougançaise basée dans la ville nigériane, selon les précisions fournies par l’agence sanitaire continentale selon le chef de l’agence de santé de l’Afrique.
La patiente a commencé à manifester des symptômes le 6 octobre et a d’abord cherché de l’aide médicale dans deux établissements privés successifs. Elle a consulté en pensant souffrir de malaria, une affection endémique au Nigeria dont les manifestations cliniques — température élevée, maux de tête, douleurs musculaires, vomissements ou diarrhées — s’avèrent proches de celles de la maladie à virus Ebola. Hospitalisée le 11 octobre dans une structure privée, son état ne s’est pas amélioré, incitant les responsables de la santé publique à donner l’alerte le 19 octobre. Elle est actuellement prise en charge au Nizamiye Hospital d’Abuja, où son état a été jugé stable et en amélioration d’après les observations rapportées par l’organisation mondiale et les reportages visuels.
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L’enquête sur l’escale à Entebbe et les trajectoires croisées
Les autorités sanitaires internationales se penchent sur un lien potentiel entre le cas détecté au Nigeria et celui survenu au Kenya au début du mois d’octobre. Dr Wessam Mankoula, responsable des situations d’urgence au Centre africain de contrôle et de prévention des maladies, a indiqué qu’un croisement des chemins entre les deux patients n’était pas exclu. Wessam Mankoula a déclaré : « Y a-t-il eu un contact ou un rapprochement entre les deux cas à l’aéroport au même moment ? C’est l’une des théories actuellement en cours d’investigation », soulignant que de nombreuses hypothèses restaient étudiées pour expliquer la contamination de la résidente d’Abuja selon les déclarations recueillies par la publication spécialisée.
Tandis que le gouvernement suisse a précisé à l’agence de presse Reuters que la femme avait contracté le virus lors de son voyage en Ouganda, les autorités ougandaises contestent cette version. Le porte-parole du gouvernement ougandais, Alan Kasujja, a rejeté l’idée d’une contamination sur place, affirmant que le pays n’avait enregistré aucun cas actif et que la patiente avait simplement transité après un séjour d’affaires dans l’est de la République démocratique du Congo. De son côté, l’Organisation mondiale de la santé a rappelé que les informations reçues sur l’itinéraire de la voyageuse n’attestaient d’aucun déplacement en dehors du territoire ougandais durant son séjour.
Les mesures de confinement et la mise en garde des ministères
Face à la menace d’une propagation locale, le gouvernement fédéral nigérian a immédiatement enclenché des protocoles de surveillance et d’endiguement. Le ministre de la Santé et du Bien-être social, Muhammad Pate, a indiqué que les services de santé avaient entrepris de tracer 44 personnes identifiées comme des contacts étroits de la patiente. Dans le même temps, le ministre de l’Aviation et du Développement aérospatial, Festus Keyamo, a ordonné à l’autorité de l’aviation civile d’inscrire 46 individus liés au dossier sur une liste d’interdiction de vol d’une durée de 21 jours d’après les informations diffusées par la presse locale.
Muhammad Pate a déclaré : « Nous ne voulons pas que cela aille plus loin, et il n’y a pas lieu de paniquer, mais nous devons être vigilants. »
Le professeur Muhammad Pate a également exhorté les acteurs politiques à s’abstenir de politiser la situation sanitaire, rappelant que la santé publique devait primer sur toute autre considération. Le gouvernement fédéral a par ailleurs enjoint aux quinze États du pays qui n’avaient pas encore actualisé leurs plans de réponse d’y remédier sans délai, tout en demandant aux établissements de soins privés de renforcer leurs systèmes de signalement selon les directives officielles rapportées par les portails d’information nigérians. Cette vigilance s’inscrit dans un contexte régional particulièrement tendu, marqué par la propagation rapide de la souche rare Bundibugyo à travers plusieurs régions du continent.