Le bilan de la flambée d’Ebola en République démocratique du Congo dépasse les 4 600 décès alors qu’un essai clinique adaptatif de phase 2/3, baptisé Tumaini, démarre à Bunia. Cette souche de Bundibugyo touche désormais l’Ouganda, le Kenya et le Nigeria, où un premier cas importé est sous surveillance médicale étroite.
L’expansion continentale de l’épidémie et le premier cas au Nigeria
L’épidémie actuelle d’Ebola, causée par le virus Bundibugyo et déclarée le 15 mai 2026 en République démocratique du Congo, s’étend désormais au-delà des frontières congolaises pour toucher plusieurs régions d’Afrique.
Le Nigeria a enregistré son premier cas importé le 20 octobre 2026 dans le Territoire de la capitale fédéral, à Abuja. La patiente, une femme de 42 ans originaire d’Ouganda mais résidant à Abuja et revenue d’un séjour à Kampala le 3 octobre, n’a été diagnostiquée que seize jours après son arrivée selon les précisions de l’Africa CDC. Les autorités sanitaires nigérianes et l’Organisation mondiale de la santé recensent 44 personnes ayant potentiellement été exposées, actuellement soumises à une surveillance stricte de 21 jours.
Le directeur général de l’Africa CDC, le Dr Jean Kaseya, a affirmé qu’elle n’avait jamais visité la République démocratique du Congo et n’avait passé que deux semaines à Kampala avec son mari avant de voyager vers Abuja. Par ailleurs, les informations de voyage concernant le premier cas d’Ebola au Nigeria mentionnaient l’Ouganda sans faire état d’un autre pays.
Le lancement de l’essai clinique Tumaini en Ituri
Face à la progression du virus, la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies a annoncé le début de l’essai clinique de phase 2/3 nommé Tumaini, ce qui signifie « espoir » en swahili. Le premier participant a reçu le vaccin le 23 octobre 2026 à Bunia, capitale de la province de l’Ituri, la plus touchée par la crise sanitaire, sous la houlette des co-parrains et co-promoteurs que sont l’Institut de médecine tropicale d’Anvers et l’Université d’Anvers.

Cet essai adaptatif plateforme évalue en parallèle plusieurs candidats vaccins grâce à une approche de vaccination en anneau ciblant les contacts étroits des cas confirmés. Le vaccin Ervebo, homologué contre la souche Zaïre, constitue le premier agent évalué dans le protocole. D’autres vaccins spécifiques au virus Bundibugyo, développés par Moderna et par l’Université d’Oxford en collaboration avec le Serum Institute of India, doivent intégrer l’étude à brève échéance.
Le lancement de l’essai Tumaini marque une étape critique pour établir si des vaccins candidats peuvent protéger efficacement les personnes contre le virus Bundibugyo.
L’appel de l’Africa CDC à la coopération continentale et au financement
Le directeur général de l’Africa CDC, le Dr Jean Kaseya, a mis en garde contre toute politisation de la crise sanitaire et a exhorté les dirigeants africains à éviter les mesures d’isolement ou le rejet de la responsabilité lors d’une intervention sur la chaîne Channels Television. Il a souligné que 28 pays du continent ont mobilisé des contributions financières pour soutenir la riposte, représentant plus de 50 pour cent des États membres. Lors du même entretien, le Dr Jean Kaseya a déclaré : Si cet effort avait lieu dans des pays occidentaux, le vaccin serait déjà disponible
.
Parallèlement, l’Agence européenne des médicaments et l’Agence africaine des médicaments ont publié des orientations conjointes pour accélérer les essais cliniques de vaccins contre le virus Bundibugyo, tout en prévoyant des assouplissements sur certaines études de toxicité préclinique pour les plateformes bien caractérisées comme l’ARN messager.
Le bilan épidémiologique et les incertitudes persistantes
Les autorités sanitaires congolaises font état de 9 704 cas confirmés et de 4 687 décès en République démocratique du Congo, avec un taux de létalité s’établissant à 48,3 pour cent, tandis que d’autres bilans mentionnent 9 735 cas confirmés et 4 690 décès selon les chiffres des Centers for Disease Control and Prevention des États-Unis. Malgré ces données globales, plusieurs incertitudes demeurent quant à l’origine exacte de la contamination de la patiente détectée à Abuja, les informations de voyage initiales transmises aux instances internationales n’ayant mentionné que l’Ouganda.
Aucune source n’a encore permis d’établir avec certitude si l’ensemble des chaînes de transmission secondaires hors de la République démocratique du Congo ont été totalement cartographiées, tandis que les organisations humanitaires continuent d’ajuster leurs ressources logistiques face à la persistance de nouveaux cas quotidiens.

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