Home MondeChasse à l’homme au Royaume-Uni après la libération par erreur de deux prisonniers

Chasse à l’homme au Royaume-Uni après la libération par erreur de deux prisonniers

by Clara Dubois

Publié le 6 novembre 2025 à 07h29. Une vaste opération de police est en cours au Royaume-Uni après la libération accidentelle de deux détenus, soulevant de vives inquiétudes quant à la gestion du système pénitentiaire britannique, déjà confronté à une crise de surpopulation.

  • Brahim Kaddour-Cherif, un ressortissant algérien, et Billy Smith, un fraudeur, ont été libérés par erreur de la prison de Wandsworth.
  • Le ministère de la Justice reconnaît des défaillances dans la transmission d’informations aux responsables gouvernementaux.
  • Le nombre de libérations accidentelles de prisonniers a augmenté pour la quatrième année consécutive, atteignant un niveau record.

La police britannique traque activement Brahim Kaddour-Cherif, 24 ans, qui a été relâché par erreur de la prison de Wandsworth le 29 octobre dernier. Il était incarcéré pour intrusion avec intention de voler, mais avait également été condamné pour outrage à la pudeur. Les autorités précisent qu’il n’est pas demandeur d’asile, mais qu’une procédure d’expulsion était en cours en raison du dépassement de la durée de son visa.

Parallèlement, les forces de l’ordre recherchent également Billy Smith, 35 ans, libéré accidentellement lundi de la même prison située dans le sud-ouest de Londres. Smith avait été condamné à 45 mois de prison pour diverses infractions liées à la fraude, le jour même de sa libération.

Ces erreurs de libération interviennent alors que le système pénitentiaire britannique est soumis à une pression croissante. Le nombre de détenus en Angleterre et au Pays de Galles a doublé au cours des 30 dernières années, entraînant une surpopulation chronique des prisons. Selon les chiffres officiels, 262 prisonniers ont été libérés par erreur au cours des 12 mois précédant mars 2025, soit une augmentation significative par rapport aux 115 cas recensés l’année précédente.

Le gouvernement britannique a réagi en annonçant un renforcement des procédures. Cependant, l’affaire a mis en lumière des lacunes dans la communication interne. Un porte-parole du ministère de la Justice a admis que « le système est dans un chaos total » et que des informations cruciales, notamment le statut d’immigration des détenus, n’étaient pas toujours transmises aux ministres en temps utile.

« En entrant dans la Chambre, des faits étaient encore en train d’émerger sur l’affaire et le DPM (vice-premier ministre) n’avait pas été informé avec précision des détails clés, y compris le statut d’immigration du délinquant. »

Porte-parole du ministère de la Justice

Alex Davies-Jones, ministre du ministère de la Justice, a pointé du doigt 14 années « d’austérité chronique et de sous-financement de nos services publics », ainsi que le manque de construction de nouvelles prisons sous le précédent gouvernement conservateur. Elle a également souligné que le Royaume-Uni expulsait un nombre croissant de prisonniers étrangers et envisageait de les expulser dès leur condamnation, plutôt que d’attendre la fin de leur peine.

Ces incidents ont accru la pression sur David Lammy, ministre britannique de la Justice et vice-Premier ministre, qui a déclaré avoir durci les règles pour résoudre le problème, sans révéler initialement qu’il était au courant des erreurs récentes.

Pour en savoir plus sur un cas similaire impliquant un demandeur d’asile libéré à tort et emprisonné pour agression sexuelle, vous pouvez consulter cet article de RTE.

Rapports supplémentaires de Reuters

You may also like

Leave a Comment