Le professeur Rachid Cherkab comparaît devant la cour d’appel de Casablanca, le jugement de première instance ayant été frappé d’appel. L’anesthésiste-réanimateur avait été écroué à la prison Oukacha pour diffamation et usurpation de qualité.
L’affaire trouve son origine dans une décision du tribunal correctionnel d’Aïn Sebaâ. Lors de cette audience de première instance, le professeur Rachid Cherkab a été condamné à un an de prison ferme ainsi qu’à une amende de 5 000 dirhams pour diffamation et usurpation de qualité, une mention que les comptes rendus de presse précisent également comme étant une usurpation de qualité syndicale.
Les peines prononcées contre les prévenus et le volet civil
Le dossier implique deux autres personnes aux côtés du médecin. Abdellatif Seddar, présenté comme le secrétaire général du Syndicat démocratique de la santé, s’est vu infliger une peine de deux ans de prison ferme assortie d’une amende de 5 000 dirhams, tandis que Mohamed Aït Taleb, technicien hospitalier, a été condamné à six mois ferme et à 2 000 dirhams d’amende.

Sur le plan civil, la justice a ordonné aux trois hommes de verser solidairement un million de dirhams au Groupement sanitaire territorial Casablanca-Settat. Parallèlement, trois particuliers constitués partie civile se partagent une indemnité supplémentaire de 450 000 dirhams.
Le professeur Cherkab signale des soupçons de corruption
Avant d’être poursuivi en justice, l’ancien chef du service de réanimation du Centre hospitalier universitaire Ibn Rochd avait multiplié les démarches. Selon les précisions apportées par Mohamed El Ghaloussi, président de l’Association marocaine de protection des deniers publics, le professeur Cherkab avait déposé plusieurs plaintes pour signaler des soupçons de corruption et d’irrégularités dans la gestion administrative de cet établissement hospitalier casablancais.

Estimant que ses requêtes n’avaient pas reçu de traitement adéquat de la part des autorités judiciaires, le médecin avait également été auditionné en 2024 par la Brigade nationale de la police judiciaire. Face à l’enlisement perçu de ses démarches, la section régionale Casablanca-Centre de l’Association marocaine de protection des deniers publics était intervenue le 5 mai pour adresser une requête au procureur général du Roi près la Cour d’appel de Casablanca, sollicitant une accélération des enquêtes.
L'incarcération du médecin provoque des réactions syndicales
L’incarcération immédiate du médecin dès le prononcé du verdict de première instance, en application de l’article 392 du code de procédure pénale selon la presse, a provoqué de vives réactions syndicales et associatives. Mohamed El Ghaloussi a dénoncé une atteinte potentielle à la présomption d’innocence et aux garanties d’un procès équitable, soulignant que l’affaire fait l’objet d’un recours en appel.
Les soutiens du praticien, qui le considèrent comme un lanceur d’alerte, demandaient que sa situation juridique soit réexaminée afin de lui permettre de retrouver un environnement professionnel sécurisé. L’ouverture de cette première audience devant la cour d’appel ce lundi marque ainsi le début du réexamen de l’ensemble des charges et des peines prononcées en premier ressort.