Quatre consommateurs poursuivent McDonald’s en justice à Chicago pour tromperie sur l’absence de véritable viande de côte de porc dans son McRib, après le rejet d’une demande de rejet de la chaîne par un juge fédéral.
L’affaire franchit une étape judiciaire importante. Saisie en décembre 2025 par quatre consommateurs originaires de Californie, de New York, de l’Illinois et de Washington D.C., l’action en justice cible la transparence de la marque autour de la composition du sandwich. Vendu de manière périodique depuis 1981, le produit a été récemment replacé au centre de l’attention médiatique lors de son retour dans certaines villes américaines en octobre 2026.
Le litige sur la composition du McRib
Le sandwich intègre en réalité des morceaux de porc de moindre qualité, incluant l’épaule, le cœur, la panse ou l’estomac, selon la requête qui affirme que la forme rainurée du steak de porc désossé, conçue pour évoquer un rack de côtes, induit intentionnellement les clients en erreur en leur faisant croire qu’ils achètent une coupe de viande noble et plus coûteuse. Le cœur du litige repose sur cette dénomination et l’aspect visuel du produit.

L’une d’elles indique que 72 % des personnes interrogées s’attendaient à ce que le McRib contienne de la viande de côte, tandis que 67 % jugeaient cet élément important dans leur acte d’achat, d’après les documents judiciaires pour soutenir leur démarche, les demandeurs ayant versé au dossier des enquêtes d’opinion. McDonald’s exploite près de 14 000 restaurants aux États-Unis et plus de 45 000 établissements à travers le monde. Les acheteurs estiment avoir payé un prix excessif — le produit figurant parmi les plus chers du menu — en raison de cette confusion perçue, et le McRib a déjà fait l’objet d’autres contestations notables avant l’examen de cette affaire par les tribunaux fédéraux, dont une réclamation déposée en 2011 auprès de la Securities and Exchange Commission par la Humane Society of the United States visant Smithfield Foods, le producteur de la viande du sandwich, au sujet de l’élevage des animaux, tandis que de grandes enseignes de restauration rapide comme McDonald’s, Burger King et Wendy’s ont rencontré par le passé des contestations judiciaires concernant des visuels publicitaires et des présentoirs de menus accusés de faire paraître leurs burgers plus imposants que les articles réels remis aux clients.
La décision de la juge April Perry
Dans son ordonnance rendue le 30 octobre 2026, la juge fédérale April Perry a rejeté la requête en irrecevabilité présentée par l’entreprise. Si cinq chefs de demande ont été écartés sans préjudice, les accusations principales de tromperie du consommateur, de fraude et d’enrichissement sans cause ont été autorisées à se poursuivre, ouvrant la voie à une potentielle certification en recours collectif national.
Les arguments des plaignants concernant le nom du McRib ne sont ni déraisonnables ni fantaisistes.
April Perry, juge fédérale du district nord de l’Illinois, via USA Today
La magistrate a estimé qu’il était prématuré de décréter qu’aucun consommateur raisonnable ne pouvait s’attendre à trouver de la viande de côte dans ce sandwich. Un acheteur effectuant un achat rapide d’un produit à environ 7 dollars n’a pas à mener d’enquête approfondie sur la provenance exacte des coupes de viande.
La réponse de McDonald’s aux accusations
La direction soutient que la composition de la galette est exclusivement constituée de porc à 100 %, provenant d’éleveurs et de fournisseurs basés aux États-Unis, et rejette formellement l’utilisation de cœurs, de tripes ou d’estomac dans la recette. De son côté, la multinationale conteste vigoureusement les griefs formulés à son encontre.

Cette action en justice déforme les faits et de nombreuses allégations sont inexactes. La qualité et la sécurité des aliments sont au cœur de tout ce que nous faisons.
McDonald’s, via CBS News
La firme a argumenté qu’un nom de produit distinctif ne trompe pas un client avisé et que son site internet indique clairement que le sandwich contient du porc. L’avocat des plaignants, Thiago Coelho, a quant à lui salué la décision, affirmant que ses clients continueraient à rechercher la responsabilité de la marque en matière de marketing trompeur, rapporte USA Today.
Saisi en décembre 2025, le dossier concerne un produit vendu de manière périodique depuis 1981.
