À l’approche d’Halloween, des nutritionnistes rappellent que les bonbons du commerce contiennent souvent des sucres libres en excès, des colorants et des édulcorants. L’Organisation mondiale de la santé préconise de limiter ces sucres, tandis que des études suggèrent un lien entre additifs et risques de maladies.
La période d’Halloween s’accompagne traditionnellement d’une consommation massive de confiseries par les enfants comme par les adultes. Derrière cette fête se cache toutefois un apport important en sucres libres, en édulcorants et en colorants artificiels, selon les informations rapportées par Ici.
L’Organisation mondiale de la santé fixe des seuils pour les sucres libres
L’Organisation mondiale de la santé recommande de limiter la consommation de sucres libres — qui incluent le glucose, le fructose, le saccharose ainsi que le miel, les sirops et les jus de fruits. Selon l’OMS, cet apport ne devrait pas dépasser dix pour cent de l’apport énergétique total quotidien, soit cinquante grammes pour une personne consommant environ deux mille calories par jour.
L’institution précise que l’idéal serait même de descendre sous la barre des cinq pour cent, soit environ six cuillères à café par jour, afin de réduire les risques de surpoids, d’obésité et de carie dentaire.
De surcroît, la nutritionniste Laurence Levert, basée à Toulouse, souligne qu’un bonbon de trois à cinq grammes équivaut à un morceau de sucre, et qu’une sucette en représente deux. La plupart de ces friandises intègrent également des colorants alimentaires. À ce sujet, deux études menées sur près de cent mille participants ont été publiées le 20 mai 2026 dans Diabetes Care et le 9 avril dernier dans European Journal of Epidemiology par l’équipe de recherche en épidémiologie nutritionnelle Cress-EREN — rattachée notamment à l’Inserm, à l’Inrae et à l’université Sorbonne-Paris Nord. Ces travaux suggèrent un lien entre une exposition importante à ces additifs et des risques accrus de diabète de type 2 et de cancers.
Préparer des confiseries maison
Trois options ont été testées et validées pour cuisiner des confiseries soi-même avec les enfants :
- Des bonbons miel et confiture : Mélanger soixante grammes de miel avec quarante grammes de confiture — de préférence aux fruits rouges, qui sont moins sucrées —, une demi-cuillère à café de fécule et un gramme d’agar-agar. La confiture peut être remplacée par quarante grammes de jus d’orange ou de citron. Faire bouillir en remuant, laisser refroidir, verser dans un moule et placer au réfrigérateur pendant deux heures ou toute une nuit.
- Des cuirs de fruits : Éplucher et couper des fruits mûrs comme des poires, puis mixer pour obtenir une purée après avoir filtré le jus. Ajouter un sachet de sucre vanillé, un trait de jus de citron et quelques noisettes concassées en option. Étaler sur du papier cuisson et cuire au four pendant six heures à cinquante degrés Celsius avant de découper des tranches et de les rouler.
- Des sucettes mentholées : Faire une infusion en chauffant de l’eau avec des feuilles de menthe. À frémissement, ajouter du jus de citron, filtrer, puis incorporer deux cuillères de sucre et deux grammes d’agar-agar pour cent cinquante millilitres d’eau. Porter à ébullition, verser dans un moule, laisser reposer une heure au réfrigérateur, tailler à l’emporte-pièce et percer avec un cure-dent.
Faute de temps pour cuisiner, Laurence Devert conseille de lire attentivement les étiquettes et d’éviter les produits contenant du mannitol, du xylitol ou du sorbitol, qualifiés de sucres peu digestifs et néfastes à outrance. La nutritionniste suggère de privilégier des confiseries traditionnelles françaises au sucre naturel, citant les bergamotes de Nancy, les sarments du Médoc, les violettes de Toulouse ou les caramels au beurre salé.
Éviter les édulcorants et privilégier la variété
L’OMS insiste par ailleurs sur le fait de ne pas remplacer les sucres libres par des édulcorants sans sucre tels que l’acésulfame K, l’aspartame, l’advantame, les cyclamates, le néotame, la saccharine, le sucralose, la stévia ou ses dérivés.
De son côté, la diététicienne Marine Marty, exerçant à Venerque en Haute-Garonne, invite à ne pas culpabiliser et à faire confiance à l’autorégulation.
Il ne faut pas culpabiliser les gens et faire confiance à l’autorégulation. Et le plus crucial dans l’alimentation, c’est la variété. Alors de temps en temps, on peut se faire plaisir avec des bonbons.
Marine Marty, diététicienne à Venerque
Elle suggère également d’impliquer les enfants dans une quête de fruits auprès des voisins, une initiative qui les amuse tout en normalisant cet aliment dans leur alimentation, qu’il est possible de décorer ensuite pour leur donner des formes de monstres.