Un juge fédéral américain a rejeté une demande d’urgence du ministère de la Justice visant à isoler 20 000 bulletins de vote en Californie pour l’élection de mi-mandat, alors que l’administration cherche à contester des listes électorales qu’elle juge peu fiables.
L’administration cherche à restreindre le traitement de milliers de suffrages sous prétexte qu’ils pourraient provenir de non-citoyens, tandis que la justice fédérale s’oppose à ces tentatives à quelques jours des élections de mi-mandat qui décideront du contrôle du Congrès américain.
Le tribunal fédéral rejette les exigences de la justice
U.S. District Judge David Carter a rejeté la demande de mise à l’écart des bulletins dans une décision de 26 pages, estimant qu’une telle mesure perturberait l’ensemble du scrutin en cours.
Le juge fédéral David Carter a déclaré : « Si l’exécutif peut invalider des votes et menacer une élection en cours en se basant sur des allégations non fondées, alors notre démocratie est en danger. Ce tribunal refuse d’être complice d’un tel processus. »
À Los Angeles seulement, ce sont plus de 5 millions de bulletins par correspondance qui avaient déjà été traités selon les dossiers présentés devant la cour, alors que les services électoraux locaux avaient déjà traité des centaines de milliers d’enveloppes au moment du dépôt de la plainte.

Les responsables locaux ont souligné qu’il était techniquement impossible de dissocier des votes déjà dépouillés des électeurs qui les avaient soumis.
Les listes fédérales se heurtent aux doutes locaux
Le gouvernement fédéral a acquis et analysé une liste de plus de 20 000 électeurs inscrits qu’il qualifie de non-citoyens probables avant de la transmettre aux autorités californiennes avec un ultimatum de 48 heures, au cœur d’un litige dont les fonctionnaires locaux affirment qu’il comporte de graves lacunes.
La justice bloque les menaces contre les agents électoraux
Des fonctionnaires armés du Department of Homeland Security ont délivré des lettres de menaces de poursuites criminelles aux employés des comtés en Californie, et des assignations à comparaître devant un grand jury fédéral ont été émises à l’encontre de responsables électoraux de Los Angeles, une démarche qualifiée d’intimidation illégale par les syndicats et les associations de défense des droits civiques.
La juge fédérale Trina Thompson a émis une injonction interdisant au ministère de la Justice de réclamer la mise à l’écart des bulletins ou de poursuivre les agents qui ne font qu’appliquer les lois électorales en vigueur, d’après The Guardian.
La juge Trina Thompson a affirmé, selon The Guardian, que « bien que les défendeurs prétendent que leurs actions visent à empêcher les votes illégaux de non-citoyens, elles risquent fort d’interférer avec l’administration des élections et de priver des électeurs légitimes de leur droit de vote ».

La cour d’appel confirme le rejet des tentatives fédérales
La Cour d’appel du 9e circuit a rejeté par deux voix contre une les tentatives du ministère de la Justice, estimant que la manœuvre risquait de compromettre l’ensemble du processus électoral.
Le panel de juges, comprenant des magistrats nommés par différents présidents, a souligné que les allégations de vote par des non-citoyens ne reposaient pas sur des preuves tangibles capables de justifier un bouleversement d’une telle ampleur.
Le procureur général de Californie, Rob Bonta, a salué cette décision tout en prévoyant de nouveaux combats juridiques, alors que le président Trump a continué de critiquer ces jugements sur les réseaux sociaux en estimant que la justice s’oppose aux mesures visant à garantir l’intégrité du vote.