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CHUV: 50 postes de chercheurs en oncologie supprimés

by Sophie Martin

Le Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV) réorganise en profondeur ses activités de recherche en oncologie, entraînant la suppression de cinquante postes de chercheurs. Cette décision s’inscrit dans une volonté de recentrer les efforts sur les projets présentant les perspectives cliniques les plus prometteuses, a annoncé mardi le Conseil d’État.

La nouvelle intervient trois semaines après la communication d’une réorganisation plus large du département d’oncologie du CHUV. Selon Claire Charmet, directrice générale de l’institution, les cinquante postes supprimés représentent une part significative, mais non prédominante, de l’activité de recherche en oncologie. « Ces postes concernent des groupes de recherche spécifiques au sein d’un environnement beaucoup plus vaste », a-t-elle précisé, soulignant que le département d’oncologie compte à lui seul 699 collaborateurs, dont la moitié consacrent en moyenne du temps à la recherche. Au-delà du département, le CHUV dispose d’un écosystème de recherche en oncologie, immuno-oncologie, hématologie et autres disciplines, impliquant plusieurs centaines de personnes.

Le gouvernement justifie cette réorientation par la nécessité de concentrer les ressources sur les recherches ayant les « meilleures perspectives cliniques ». Un plan social est actuellement en négociation afin d’éviter les licenciements. Les collaborateurs concernés devraient se voir proposer des postes au sein du CHUV ou de l’Université de Lausanne (UNIL).

Cette décision s’inscrit dans une série d’annonces récentes concernant l’oncologie au CHUV. Début octobre, un partenariat avec le Ludwig Institute for Cancer Research (LICR) a été prolongé. Peu après, une enquête interne a révélé des « irrégularités » dans les procédures liées aux dons de patients pour des thérapies expérimentales, sans toutefois relever de faute de la part des collaborateurs. Claire Charmet avait alors expliqué qu’il y avait eu « des zones de flou dans les procédures, mais aucune volonté de mal faire ».

L’institution avait également annoncé la séparation entre la recherche fondamentale et la recherche clinique, sur recommandation du Contrôle cantonal des finances (CCF). Une enquête du CCF, initiée l’année précédente, avait mis en évidence que le nombre de patients bénéficiant de traitements expérimentaux contre le cancer était inférieur aux attentes, et que le coût par patient était plus élevé qu’annoncé. L’objectif était alors de « déterminer de quelle manière des traitements performants pourront être développés à des conditions raisonnables », selon des informations rapportées en septembre 2024.

« Nous travaillerons ainsi moins sur l’innovation technologique et plus sur la recherche clinique », a expliqué Claire Charmet. L’audit du CCF avait recommandé de séparer le financement de la recherche fondamentale de celui de la recherche clinique.

Le plan social vise à accompagner les cinquante collaborateurs concernés, dont le salaire moyen est de 90 000 francs suisses, vers de nouveaux emplois au CHUV ou à l’UNIL. David Gygax, secrétaire syndical au SSP-Vaud, a exprimé sa surprise face à cette mesure, soulignant que le canton avait toujours affirmé que sa politique d’austérité n’aurait pas d’impact sur le personnel et les patients du CHUV. « Nous avons eu raison de ne pas y croire », a-t-il déclaré, tout en reconnaissant que le CHUV assure que ce plan social n’est pas une mesure de réduction budgétaire.

Rebecca Ruiz, porte-parole du Conseil d’État, a quant à elle insisté sur le fait qu’il ne s’agit pas d’une mesure budgétaire, mais d’une réorientation scientifique. « Il est habituel d’évaluer la performance des programmes de recherche dont les résultats sont incertains par essence », a-t-elle affirmé.

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