Guido Cadents, un citoyen belge récemment décédé, était un érudit dévoué, un pionnier, un critique de cinéma, un historien et un anthropologue. Charles Ayetan, professionnel des médias togolais, critique de cinéma et expert en cinéma africain, était un ami et collègue de Guido. Il affirme que l’impact de Guido Couvents sur le cinéma africain est un héritage qui mérite d’être célébré.
La contribution de Guido Couvents au cinéma africain
J’ai rencontré Guido Couvents pour la première fois au Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco) en 2009, et de nouveau la même année en France, au Festival international du film d’Amiens. Avant ces rencontres mémorables, Guido et moi avions déjà échangé des articles et des nouvelles concernant le cinéma africain. À l’époque, je collaborais avec le journal de l’Église togolaise, Présence Chrétienne.
Guido était pour moi comme un frère, et dans le domaine du cinéma, une figure directrice. Malgré mon statut de jeune professionnel des médias et critique de cinéma, il a toujours manifesté une grande confiance en mes capacités.
Guido était un défenseur infatigable des images africaines, en particulier du cinéma africain. Pendant des décennies, il a consacré sa vie à la recherche approfondie et à la publication d’ouvrages sur l’histoire du cinéma africain, et à assurer la visibilité des cinéastes africains. Il a publié environ six ou sept livres sur le cinéma africain. Parmi ses œuvres notables, publiées en français en 1986, on trouve À la recherche des images oubliées : Préhistoire du cinéma en Afrique (1897-1918). Une autre de ses publications est Images et animation. Le cinéma d’animation en Afrique centrale. Introduction au cinéma d’animation en République démocratique du Congo, au Rwanda et au Burundi (2014).
Avec Guido Huysmans et d’autres, Guido a fondé et organisé régulièrement le Festival du film africain à Louvain, une plateforme importante pour promouvoir les films africains, célébrer les cultures africaines et lutter contre les stéréotypes sur l’Afrique et ses habitants. Il s’est également engagé à renforcer la présence de l’Église catholique dans les festivals de films internationaux et à soutenir la reconnaissance des cinéastes à travers des prix œcuméniques et les prix Signis.
Le cinéma africain est-il en croissance ?
Oui, le cinéma africain est en pleine croissance. De plus en plus de films sont produits chaque année à travers le continent, notamment au Nigéria, en Afrique du Sud, au Kenya, au Sénégal, au Burkina Faso, au Togo, au Ghana et dans de nombreux autres pays.
Les plateformes de streaming en ligne et les festivals de films internationaux offrent une plus grande visibilité aux films africains et créent de nouveaux marchés.
Cette croissance est principalement due à la population jeune et croissante d’Afrique, à la demande accrue d’histoires locales, aux technologies numériques qui réduisent les coûts de production, et à un sentiment croissant de fierté nationale et culturelle. Bien que des défis tels que le manque de financement, le piratage et les lacunes en matière de distribution persistent, la tendance générale indique une expansion. Le cinéma africain croît à la fois en quantité et en qualité, s’imposant comme une présence dynamique sur la scène mondiale.
Par exemple, Nollywood au Nigéria produit plus de 2 000 films par an, ce qui en fait la deuxième industrie cinématographique au monde en termes de volume de production, après Bollywood en Inde. Les films africains sont rapidement vendus et consommés par le public en Afrique, dans la diaspora et au-delà. Malgré les défis, une narration solide et des modèles économiques innovants peuvent générer des revenus substantiels. Le cinéma africain est définitivement en croissance.
Conseils aux jeunes cinéastes africains
Le cinéma africain joue un rôle vital en racontant nos histoires, en préservant nos souvenirs et en façonnant la perception du monde sur les peuples africains. Je conseille aux jeunes cinéastes de rester enracinés dans leur identité : de raconter des histoires africaines authentiques qui reflètent votre culture, votre histoire et vos réalités.
Comme Guido Couvents le répétait souvent, le cinéma n’est pas seulement un divertissement, c’est aussi un outil d’éducation, d’identité culturelle et de transformation. De même, le cinéaste sénégalais Ousmane Sembène croyait que le film était une « école du soir ». Sembène soutenait que le film devait être à la fois divertissant et instructif, stimulant la pensée critique et servant de véhicule pour des commentaires sociaux et politiques favorisant le développement social.
Le monde attend avec impatience d’entendre vos récits uniques. L’Afrique est riche en histoires originales que seuls les cinéastes africains peuvent raconter, alors soyez créatifs.
Comment se souvenir de Guido Couvents ?
Pour honorer l’héritage de Guido Couvents, les festivals de films africains et les promoteurs du cinéma pourraient établir des prix en son nom. Alternativement, l’organisation d’événements, de conférences ou d’ateliers pour réfléchir à ses contributions importantes serait un hommage approprié à ce défenseur du cinéma africain.
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