Clarisse Agbégnénou a été éliminée dès les quarts de finale des championnats du monde de judo à Bakou, ce mercredi 7 octobre 2026, s’inclinant ensuite en repêchages dans la catégorie des moins de 63 kg et refermant ses ambitions d’un septième sacre mondial.
La douche froide a saisi le clan tricolore en Azerbaïdjan. Revenue sur les tatamis seulement sept mois après avoir donné naissance à son deuxième enfant, la sextuple championne du monde visait ouvertement une septième couronne mondiale qui lui aurait permis d’égaler le record de Ryoko Tani. Frédérique Jossinet, manager des équipes de France, a souligné qu’il s’agissait d’un pari osé de participer à cette compétition si peu de temps après sa grossesse, estimant qu’elle n’avait pas affiché le niveau requis. Le sélectionneur Kilian Le Blouch a également concédé qu’une septième place n’était pas l’objectif visé et que le contrat minimum attendu était de décrocher une médaille.
L’élimination en quarts de finale face à Anna Kriza
La journée avait pourtant débuté sous de meilleurs auspices pour la championne olympique 2021.
En quarts de finale, le piège s’est refermé contre Anna Kriza, âgée de 23 ans et qu’elle avait pourtant battue fin août lors de sa compétition de reprise à Lausanne. Menée d’abord par un yuko avant de répliquer immédiatement pour égaliser, la Française a ensuite été poussée à la prolongation. Elle s’est fait piéger par la suite sur un fauchage, subissant un waza-ari au cours du golden score face à une adversaire disciplinée qui a su éviter la troisième pénalité fatale.
« C’est nul, j’ai été nulle les deux derniers combats, vraiment, il n’y a rien à dire de plus que j’ai été nulle et que je m’attendais à me voir à un meilleur niveau. »
Clarisse Agbégnénou, championne olympique
La défaite en repêchage contre Enkhriilen Lkhagvatogoo
Versée en repêchages, Agbégnénou n’a pas réussi à se remobiliser pour accrocher au moins une médaille de bronze.
La réaction de la Fédération française de judo face au bilan des Bleus
Au-delà du cas personnel de la leader des moins de 63 kg, c’est l’ensemble du début de parcours de la délégation tricolore à Bakou qui suscite l’inquiétude à mi-parcours de ces championnats du monde organisés jusqu’au samedi 10 octobre, suivis de l’épreuve par équipes mixtes. Le président de la Fédération française de judo, Stéphane Nomis, n’a pas caché son agacement face au nombre insuffisant de podiums, alors que la France espérait au moins quatre médailles d’or et se retrouve reléguée au neuvième rang du classement à la date du 8 octobre.

« Après, c’est à la fin qu’on compte les médailles mais quand même, les quatre premiers jours sont mauvais. Il faut appeler un chat un chat. Il y a des choses à remettre en question parce qu’on sent moins le team spirit qu’aux Jeux. »
Stéphane Nomis, président de la Fédération française de judo
Alors que le Japon domine largement la compétition internationale avec déjà six titres mondiaux conquis sur les huit premiers décernés, les instances dirigeantes réclament des rectifications rapides. Stéphane Nomis a évoqué des changements potentiels de méthodes, de personnes et de fonctionnement dès les un ou deux prochains mois, estimant que le temps presse à mi-olympiade.
Perspectives pour les Jeux olympiques de Los Angeles en 2028
Malgré cette désillusion immédiate, la sportive garde le regard tourné vers l’avenir et maintient son cap à long terme. Sa maternité, concrétisée par la naissance de sa fille Athéna en juin 2022 puis de son fils Dakota en mars 2026, s’est toujours accompagnée d’un engagement total en faveur du haut niveau.
La championne française l’avait affirmé avant son arrivée en Asie : son ambition demeure intacte avec en point de mire la préparation et la qualification pour les Jeux olympiques de Los Angeles en 2028, tout en conservant pour l’immédiat les médailles de bronze initiales obtenues en début de semaine par Shirine Boukli en moins de 48 kg et Dayyan Boulemtafes.