Home Des sportsCobolli et Davis : «Je ne ferai jamais l’erreur de me sentir invincible, je craignais une mauvaise impression mais je me suis amusé. Maintenant grand-père se promène avec la Coupe en agissant cool”

Cobolli et Davis : «Je ne ferai jamais l’erreur de me sentir invincible, je craignais une mauvaise impression mais je me suis amusé. Maintenant grand-père se promène avec la Coupe en agissant cool”

by Camille Renault

Publié le 25 novembre 2025 à 08:05. Après l’épopée de la Coupe Davis à Bologne, le jeune prodige du tennis italien, Flavio Cobolli, savoure un repos bien mérité aux Maldives, submergé par l’émotion et les souvenirs de cette victoire historique.

  • Flavio Cobolli évoque l’euphorie ressentie à Bologne et l’importance du soutien du public.
  • Il raconte une soirée de célébration improvisée avec l’équipe, faute de places disponibles dans les établissements de la ville.
  • Cobolli souligne le rôle crucial de l’esprit d’équipe et de l’attachement au maillot bleu dans le succès de l’Italie.

De retour d’une semaine intense consacrée à la Coupe Davis, Flavio Cobolli a choisi de se ressourcer aux Maldives. L’exploit réalisé à Bologne résonne encore dans son esprit. « Je n’arrivais pas à réaliser ce qui se passait à Bologne », confie-t-il avec une certaine naïveté, une caractéristique qui le distingue comme l’un des talents les plus authentiques du tennis italien.

La soirée suivant le triomphe a été marquée par une célébration improvisée. « Bologne ne nous a pas gâtés en termes de lieux ouverts le dimanche soir », explique Cobolli. « Nous nous sommes retrouvés dans un endroit où nous étions seuls, l’équipe, entourés de danses et de discours surréalistes. On s’est bien amusé, mais on aurait pu faire pire… »

Pour l’instant, la Coupe Davis est entre les mains de son grand-père, qui la présente fièrement à ses amis à Rome. Mais Cobolli prévoit de la récupérer à son retour des Maldives.

Le joueur observe avec amusement la coïncidence de voir de nombreux de ses confrères, dont Sinner, choisir les Maldives pour leurs vacances. « Heureusement, aucun membre de l’équipe ne croisera mon chemin sur place ! Je pars avec ma copine et quelques amis. Bove n’était pas à Bologne dimanche, mais j’ai eu de ses nouvelles. Edo est toujours avec moi. »

Cobolli a été submergé de messages de félicitations, notamment de personnalités du monde sportif et culturel. « Daniele De Rossi m’a envoyé un beau message, Bruno Conti et Antonello Venditti m’ont appelé. Mon téléphone est saturé, mais je répondrai calmement à tout le monde, en commençant par les plus importants. »

Au-delà de la joie de la victoire, Cobolli se souvient de l’intensité des matchs, notamment de la finale contre Munar. « Tout reste gravé. Je n’avais jamais ressenti une émotion aussi grande. Je n’avais jamais entendu mon nom crié dans un stade entier. J’ai des souvenirs indélébiles. Mais surtout, je me suis amusé. »

Il se remémore même un moment particulier durant le match contre Munar, où il a dû recourir à une astuce pour éviter les crampes. « J’avais joué trois heures avec Bergs, et le match contre Munar s’allongeait. J’ai réalisé qu’il fallait que je réagisse. Craignant les crampes, j’ai demandé du sel à Filippo, et tout le banc s’est mobilisé pour en trouver dans la cuisine de l’immeuble ! »

Son père, Stefano, qui est également son entraîneur, lui a exprimé sa fierté. « Ce sont des mots difficiles à entendre de la part de mon père, car nous exprimons nos émotions à notre manière dans la famille. Il ne me l’a pas dit directement, mais j’ai vu du bonheur et de l’émotion dans ses yeux, comme lors des quarts de finale de Wimbledon avec Djokovic. Je garderai cela précieusement. »

Cobolli estime que cette victoire en Coupe Davis pourrait marquer un tournant dans sa carrière. « Jusqu’à présent, ma carrière a progressé par petits pas, sans précipitation. Chaque difficulté m’aide à grandir. J’ai tout vécu d’une manière authentique, presque naïve, sans sauter d’étapes. J’ai d’abord gravi les échelons, puis je suis devenu un protagoniste. Le chemin doit être construit, et ce Davis sera un tournant fondamental. »

Il souligne l’importance de l’esprit d’équipe et de l’attachement au maillot bleu. « Avec la chemise bleue, il n’est pas permis de se ridiculiser. À Bologne, j’ai été obligé de transformer les obstacles en ressources. J’ai même été surpris par ma propre capacité à inverser des situations négatives. »

Actuellement classé 22e mondial, Cobolli ambitionne de continuer à progresser et d’intégrer le top 10. « J’ai une idée précise de l’endroit où j’aimerais arriver. Il faut relever la barre pour suivre Jannik et les meilleurs joueurs, et pour cela, je dois combler mes faiblesses. Cela ne veut pas dire que je me sens obligé de toujours gagner, loin de là. C’est en jouant, en perdant et en gagnant que l’on grandit. »

Il se souvient des victoires passées, notamment celle de 1976 au Chili. « J’ai vu les documentaires sur le succès au Chili, le premier du tennis italien. Matteo se moque de moi, il dit que je n’ai regardé que les moments forts… »

Enfin, Cobolli relativise son rôle, estimant que les véritables héros sont ceux qui contribuent au bien-être de la société. « Je ne joue qu’au tennis et je me sens bien quand je fais bien mon travail. »

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