Home SantéRougeole, étude de l’ISS dans Lancet : c’est pourquoi l’Italie risque de nouvelles épidémies

Rougeole, étude de l’ISS dans Lancet : c’est pourquoi l’Italie risque de nouvelles épidémies

by Sophie Martin

Publié le 25 novembre 2025 à 06h57. L’Italie est confrontée à un risque accru de résurgence de la rougeole, en raison de lacunes persistantes dans la couverture vaccinale, notamment chez les adultes nés dans les années 1980 et 1990. Une étude récente révèle que près d’un Italien sur dix reste sensible au virus.

  • Près de 9,2 % de la population italienne demeure sensible à la rougeole en 2025.
  • La transmission du virus se produit principalement chez les adultes non vaccinés, avec plus de 88 % des cas liés à cette population.
  • L’école a eu un impact moins important que prévu sur la propagation de la maladie, contrairement aux idées reçues.

Une analyse approfondie menée par des chercheurs de l’Institut Supérieur de la Santé et du Centre d’urgence sanitaire de la Fondation Bruno Kessler de Trente, et publiée dans la revue The Lancet Infectious Diseases, reconstitue dix années de transmissions de la rougeole en Italie. L’étude, basée sur l’analyse de près de 15 000 cas notifiés au Système national intégré de surveillance de la rougeole et de la rubéole entre 2013 et 2022, met en évidence des failles dans l’immunité collective qui pourraient favoriser de nouvelles épidémies.

Les données révèlent une hétérogénéité géographique importante en termes de couverture vaccinale. Certaines régions, comme l’Émilie-Romagne, présentent des niveaux élevés d’adultes non vaccinés, tandis que d’autres, comme le Trentin-Haut-Adige, affichent une faible couverture vaccinale pédiatrique. La Calabre, les Marches, le Latium et la Sicile enregistrent également une incidence élevée de la maladie. Cette mosaïque de situations nécessite des interventions ciblées pour renforcer la protection vaccinale à l’échelle locale.

L’étude a permis de reconstituer 795 chaînes de transmission, confirmant que la majorité des infections proviennent de personnes non vaccinées. Plus d’un tiers des épisodes de transmission impliquent des individus âgés de 20 à 39 ans. Le temps de génération du virus, estimé à 11,7 jours, indique une propagation constante et difficile à contrôler en l’absence d’une couverture vaccinale suffisante.

En 2025, on observe une augmentation des cas de rougeole, avec 459 signalements enregistrés entre janvier et septembre, notamment en mai, en raison des mouvements de population liés aux vacances de printemps et aux voyages internationaux. Les enfants de moins de cinq ans restent les plus vulnérables aux complications de la maladie, avec 22 cas de nouveau-nés de moins d’un an signalés. Plus de la moitié des personnes infectées ont été hospitalisées, et environ un tiers ont développé des complications telles que l’hépatite, la pneumonie ou l’encéphalite.

La situation italienne s’inscrit dans un contexte mondial marqué par une résurgence de la rougeole. L’Organisation mondiale de la santé a enregistré une augmentation de 941 cas en 2022 à plus de 42 000 en 2023, en raison de la diminution de la couverture vaccinale pendant la pandémie, de l’interruption des services de santé et de la diffusion de fausses informations sur les vaccins. Des pays comme le Royaume-Uni et les États-Unis ont lancé des campagnes de vaccination pour rattraper le retard accumulé.

Pour éviter de nouvelles épidémies, les chercheurs insistent sur la nécessité d’améliorer la couverture vaccinale chez les enfants, de rattraper les oublis de la deuxième dose et de mettre en place des campagnes ciblées pour les adultes non vaccinés, en particulier ceux nés entre 1980 et 1990. Une communication claire et continue sur les bénéfices du vaccin, ainsi qu’une surveillance renforcée, sont également essentielles pour contrôler la propagation de la maladie. Étude complète dans The Lancet Infectious Diseases.

25 novembre 2025

© TOUS DROITS RÉSERVÉS

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.