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Commémoration de la dernière salle des meurtres de décembre : « L’homme est mort »

by Nicolas Lefèvre

Publié le 8 décembre 2025 à 09h49. Pour la dernière fois, les victimes des « meurtres de décembre » de 1982 sont commémorées ce soir à Amsterdam, alors que les familles entament une action en justice contre l’État surinamais pour obtenir réparation.

  • Les proches des 15 opposants exécutés par le régime de Desi Bouterse en 1982 se rassemblent au musée de la Résistance à Amsterdam pour une dernière commémoration dans ce lieu.
  • Des dizaines de familles ont déposé une requête auprès d’un tribunal surinamais pour obtenir réparation et une indemnisation de l’État.
  • Desi Bouterse, condamné en 2023 pour son rôle dans ces meurtres, est décédé un an plus tard.

C’est le 43e anniversaire des exécutions perpétrées par le régime du chef de l’armée surinamaise, Desi Bouterse, en décembre 1982. Quinze opposants au régime ont été assassinés dans la nuit du 8 décembre à Fort Zeelandia, à Paramaribo.

Desi Bouterse a été définitivement condamné en décembre 2023 à vingt ans de prison pour son implication dans ces meurtres. Il n’a toutefois jamais purgé sa peine, se cachant après sa condamnation. Il est décédé un an plus tard, en décembre 2024 à l’âge de 79 ans.

Romeo Hoost, président du Comité pour la commémoration des victimes du Suriname, organise cet hommage depuis des décennies. Il explique que le thème de cette année est « la survie ».

« L’homme est mort, mais nous sommes toujours là. Nous lui avons survécu. »

Romeo Hoost, président du Comité pour la commémoration des victimes du Suriname

Il précise que cette commémoration dans la salle est la dernière, car Bouterse est décédé.

Son cousin, Eddy, faisait partie des quinze victimes. Il évoque également Cyrill Daal, président du plus grand syndicat du Suriname, le Mother Union. Hoost raconte que Daal avait été invité à une conférence syndicale internationale à Bruxelles.

« Mais à cause des troubles intérieurs, il ne voulait pas voyager en Europe. C’est pourquoi il m’a envoyé. »

Romeo Hoost, président du Comité pour la commémoration des victimes du Suriname

Daal a été assassiné par les soldats.

Réclamation contre l’État

Des dizaines de proches des victimes réclament réparation et une indemnisation de l’État surinamais. C’est ce qu’a rapporté l’agence de presse ANP, citant l’avocat Hugo Essed, qui a fait cette annonce hier à la radio surinamaise.

Hoost confirme faire partie de ces proches. Essed a déposé une requête auprès du tribunal du sous-district du Suriname la semaine dernière.

Hoost souligne que cette dernière commémoration dans la salle ne signifie pas la fin des hommages aux victimes des meurtres de décembre.

« Comme chaque année, nous déposerons d’abord des fleurs au monument de l’église Mozes et Aäronkerk de la Waterlooplein. J’ai presque 80 ans et je continuerai à le faire aussi longtemps que je vivrai. Et puis d’autres prendront le relais. »

Romeo Hoost, président du Comité pour la commémoration des victimes du Suriname

Regardez également ce reportage approfondi sur les meurtres de décembre, réalisé fin 2023 par NOS op 3 :

Les meurtres horribles qui ont déchiré le Suriname

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