Les bonnes résolutions du Nouvel An sont souvent vite oubliées. Des recherches récentes en neurosciences expliquent pourquoi et proposent des pistes pour les ancrer durablement, notamment dans le domaine crucial de l’hygiène des mains en milieu hospitalier.
Pourquoi cette tradition des vœux ? Nous aimons les nouveaux départs, les occasions de repartir à zéro et de se fixer des objectifs ambitieux. Mais pour que ces résolutions ne restent pas de vains mots, il faut agir de manière proactive et s’attaquer à la réapparition des vieilles habitudes.
La science nous enseigne que toute habitude, qu’elle soit positive ou négative, suit un schéma précis : un déclencheur, une routine, une récompense, et une résistance au changement. Créer de nouvelles habitudes nécessite donc de modifier ce schéma, de remplacer le signal initial, d’apprendre le nouveau comportement, de le répéter jusqu’à ce qu’il devienne automatique, et d’évaluer régulièrement les progrès.
Beaucoup pensent que la volonté est la clé du succès, mais les études montrent que même les personnes dotées d’une forte volonté ont besoin de créer de nouvelles habitudes pour atteindre leurs objectifs. Comme l’explique Charles Duhigg dans son ouvrage Le Pouvoir de l’Habitude : « Ce que nous avons appris, c’est que les personnes ayant une grande maîtrise de soi ne se battent pas pour mieux manger, faire plus d’exercice ou travailler plus dur. Au lieu de cela, elles prennent des habitudes. Elles automatisent leurs comportements qui les amènent à atteindre leurs objectifs, donc elles les exécutent sans même y penser. C’est ce qui fait leur succès. »
En matière d’hygiène des mains dans les établissements de santé, le constat est souvent le même : les améliorations obtenues grâce à des programmes d’intervention s’estompent rapidement. Pourquoi ? Parce qu’il s’agit d’une question d’habitude. Les recherches en neurosciences ont mis en évidence les changements cérébraux qui se produisent lors de la formation d’une nouvelle habitude. L’imagerie montre que les connexions neuronales se renforcent à chaque répétition.
Pour améliorer le respect de l’hygiène des mains, les professionnels de santé doivent donc identifier les déclencheurs qui leur rappellent de se laver les mains, s’entraîner à associer ces déclencheurs au geste, et éviter les situations qui entravent la conformité. Le « signal » le plus efficace semble être la présence d’un collègue, qui agit comme un rappel visuel – un résultat surprenant, qui surpasse même l’incitation financière.
Bien entendu, des obstacles pratiques et organisationnels persistent : manque de temps, distributeurs de solution hydroalcoolique vides ou mal placés, erreurs humaines… Mais un effort conscient pour créer de nouvelles habitudes peut permettre d’atteindre un niveau de conformité de 100 %.
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