Publié le 2025-11-17 19:25:00. Un adulte sur quatre est concerné par la stéatose hépatique non alcoolique, une maladie du foie en forte progression, étroitement liée au diabète et à l’obésité. Heureusement, cette affection peut être inversée grâce à des changements de mode de vie simples et efficaces.
- La stéatose hépatique non alcoolique touche un quart de la population mondiale.
- Il n’existe pas de traitement médicamenteux spécifique, mais la maladie est réversible grâce à des modifications du mode de vie.
- Une perte de poids de 5 à 10 % peut suffire à inverser la stéatose hépatique.
La stéatose hépatique non alcoolique (NAFLD), caractérisée par une accumulation excessive de graisse dans le foie, est devenue un problème de santé publique majeur. Son incidence ne cesse de croître, en raison de son lien direct avec des pathologies telles que le diabète de type 2, l’obésité et d’autres troubles métaboliques.
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, cette maladie n’est pas incurable. Les spécialistes insistent sur le fait que la stéatose hépatique non alcoolique peut être inversée en adoptant des habitudes de vie plus saines. À ce jour, aucun médicament n’a démontré une efficacité spécifique pour éliminer la graisse hépatique, d’où l’importance de la prévention et de la prise en charge par des moyens non pharmacologiques.
Selon le Dr Marta Cervera, hépatologue à Cliníc Barcelona,
« Une réduction du poids corporel de 5 % réduit la graisse du foie, et si elle dépasse 10 %, il est possible d’obtenir une inversion de la maladie. »
Marta Cervera, hépatologue
La première étape consiste à adopter une alimentation équilibrée, privilégiant le modèle méditerranéen. Il est recommandé de limiter au maximum la consommation de graisses saturées, présentes dans le beurre, la crème, les viandes rouges et la charcuterie, ainsi que les sucres simples, que l’on retrouve dans les édulcorants, le miel, les biscuits, les boissons sucrées et les jus de fruits. Le fructose, en particulier, « favorise la production de graisse dans le foie », explique le Dr Cervera.
L’élimination des boissons sucrées est une priorité absolue, qu’il s’agisse de sodas ou de jus industriels, qui sont riches en calories et en glucides. La répartition des repas tout au long de la journée est également importante. Il est conseillé de prendre cinq repas par jour, en privilégiant un apport énergétique plus important le matin et en diminuant progressivement vers le soir. Cette approche permet de mieux contrôler le stockage des graisses.
La méthode de l’assiette peut être un outil visuel utile pour équilibrer les macronutriments : la moitié de l’assiette doit être consacrée aux légumes, un quart aux glucides (de préférence complets) et le quart restant aux protéines, idéalement d’origine végétale. Pour le dessert, on peut consommer deux ou trois fruits frais par jour, ou à défaut, un yaourt allégé ou une poignée de noix.
L’abstinence totale d’alcool est indispensable, car cette boisson contient une grande quantité de sucres et peut aggraver une détérioration hépatique préexistante. Selon le Dr Cervera, l’alcool est nocif « non seulement en raison de la quantité de sucres, qui est importante, mais aussi en raison de la toxicité qu’elle peut ajouter à un foie déjà endommagé par des amas graisseux ». De même, il est fortement recommandé d’arrêter de fumer, car le tabac contribue à la progression de la maladie.
Une hydratation adéquate, avec une consommation de 1,5 à 2 litres d’eau par jour, est également essentielle, en évitant les boissons énergisantes ou alcoolisées.
En parallèle de l’alimentation, l’activité physique joue un rôle crucial dans la prise en charge de la stéatose hépatique. Il est recommandé de pratiquer des exercices d’aérobie et de musculation, trois à quatre fois par semaine. « Allons transpirer ! » encourage le Dr Cervera. Les routines peuvent inclure la natation, la course, la marche, le vélo, ainsi que des exercices de résistance tels que des pompes, des planches et des squats.
La durée des séances peut varier de 20 à 40 minutes, ce qui permet d’impacter le métabolisme basal et de faciliter le déficit calorique nécessaire à la perte de poids. L’exercice doit être adapté en fonction des capacités et de l’âge de chacun, avec des routines possibles avec des haltères ou des exercices statiques pour les personnes à mobilité réduite.
Lorsque la stéatose hépatique est associée à d’autres pathologies, telles que le diabète, l’hypertension artérielle et l’hypercholestérolémie, une surveillance particulière de ces paramètres est nécessaire. « Un contrôle optimal du diabète, de la tension artérielle et du cholestérol aide à stopper la maladie et favorise son amélioration », soulignent les spécialistes.
En conclusion, la prise en charge de la stéatose hépatique non alcoolique repose avant tout sur l’implication personnelle du patient dans l’adoption d’un mode de vie sain. Les spécialistes insistent sur le fait que ces actions donnent au patient une marge d’action maximale dans sa guérison.
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