Home SantéComment la grippe, le COVID-19 et les virus courants pourraient augmenter votre risque de crise cardiaque et d’accident vasculaire cérébral

Comment la grippe, le COVID-19 et les virus courants pourraient augmenter votre risque de crise cardiaque et d’accident vasculaire cérébral

by Sophie Martin

Mis à jour le 29 octobre 2025 à 10h00. Une nouvelle étude révèle que contracter la grippe ou la COVID-19 augmente significativement le risque de crise cardiaque ou d’accident vasculaire cérébral dans les semaines qui suivent, soulignant un lien préoccupant entre infections virales et santé cardiovasculaire.

  • Le risque de crise cardiaque quadruple dans le mois suivant une infection grippale, et est multiplié par cinq pour les accidents vasculaires cérébraux.
  • Même après une infection au COVID-19, le risque de crise cardiaque ou d’AVC reste accru pendant au moins un an.
  • La vaccination contre la grippe, la COVID-19 et le zona pourrait jouer un rôle crucial dans la prévention des complications cardiovasculaires.

Des infections virales, même courantes comme la grippe ou le zona, peuvent avoir des conséquences graves sur le cœur et les vaisseaux sanguins. Une vaste analyse de 155 études a mis en évidence des liens insoupçonnés entre diverses infections virales et un risque accru de maladies cardiovasculaires, à court et à long terme. Les chercheurs soulignent que ces résultats sont d’autant plus importants que de nombreuses personnes sont touchées par ces infections.

L’étude, publiée dans le Journal de l’American Heart Association, précise que dans le mois qui suit un diagnostic de grippe, une personne est quatre fois plus susceptible de subir une crise cardiaque et cinq fois plus susceptible de faire un accident vasculaire cérébral. Pour le COVID-19, le risque de crise cardiaque ou d’AVC est triplé dans les 3,5 mois suivant l’infection, et reste significativement plus élevé pendant un an.

Les infections chroniques, bien que présentant un risque moins immédiat, ne sont pas exemptes de conséquences. Les personnes vivant avec le VIH présentent un risque de crise cardiaque 60 % plus élevé, celles atteintes d’hépatite C 27 % plus élevé, et celles ayant subi un zona 12 % plus élevé, et ce, au moins cinq ans après l’infection.

Selon Kosuke Kawai, épidémiologiste à l’Université de Californie à Los Angeles et auteur principal de l’étude :

« Notre étude a révélé que les infections virales aiguës et chroniques sont liées à des risques de maladies cardiovasculaires à court et à long terme, notamment aux accidents vasculaires cérébraux et aux crises cardiaques. »

Les mécanismes en jeu sont liés à la réaction du système immunitaire face à l’infection. L’inflammation et la coagulation sanguine, déclenchées pour combattre le virus, peuvent perturber le fonctionnement normal du cœur. Les chercheurs notent cependant que des recherches supplémentaires sont nécessaires pour déterminer si d’autres virus, tels que la dengue, le virus du papillome humain (VPH) ou l’herpès simplex 1, présentent également un risque pour la santé cardiovasculaire.

Face à ces résultats, la prévention prend une importance capitale. L’étude souligne l’intérêt de la vaccination contre la grippe, la COVID-19 et le zona. Une étude de 2022 a démontré que les personnes vaccinées contre la grippe avaient un risque inférieur de 34 % de mourir ou d’être hospitalisées pour un problème cardiovasculaire, par rapport à celles ayant reçu un placebo. Les vaccinations pourraient être particulièrement bénéfiques pour les personnes déjà atteintes de maladies cardiaques ou présentant d’autres facteurs de risque.

À l’échelle mondiale, l’impact de ces infections est considérable. Environ 1,3 million de nouvelles infections au VIH ont été recensées en 2024, et environ un million de nouvelles infections à l’hépatite C sont signalées chaque année. En Europe, on estime à six à dix nouveaux cas de zona par an pour 1 000 personnes (données de 2021). Selon Kosuke Kawai :

« Le risque élevé associé à ce virus se traduit par un grand nombre de cas excédentaires de maladies cardiovasculaires au niveau de la population. »

En conclusion, la prévention des infections virales, notamment par la vaccination, et la gestion de l’inflammation apparaissent comme des stratégies clés pour réduire le risque de maladies cardiovasculaires.

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